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سيفي غريب résout au Tchad – économie : l’information

Au Tchad, une révolution économique se dessine sous l’impulsion d’un homme d’affaires peu connu du grand public jusqu’à présent : **Seif El Ghaib**. Ce dernier, entrepreneur en série, a réussi à transformer des secteurs clés de l’économie tchadienne, notamment l’agro-industrie, les énergies renouvelables et les infrastructures logistiques. Dans un pays marqué par des défis structurels persistants – instabilité politique, dépendance aux hydrocarbures et climat aride –, l’émergence de figures comme Seif El Ghaib suscite à la fois espoir et interrogations. Comment cet homme d’affaires, dont les activités s’étendent au-delà des frontières tchadiennes, parvient-il à s’imposer comme un acteur économique incontournable ? Une analyse de ses stratégies et de leur impact réel sur le terrain.

Un parcours atypique dans un pays en quête de diversification

Né dans une famille modeste de N’Djamena, Seif El Ghaib a débuté sa carrière dans le commerce transfrontalier avant de se lancer dans l’import-export de produits agricoles. Son ascension fulgurante s’explique en partie par une connaissance aiguë des marchés régionaux, notamment ceux du Cameroun, du Nigeria et de la Libye. Contrairement à d’autres entrepreneurs tchadiens qui misent sur les ressources pétrolières, il a choisi de miser sur des secteurs moins exploités : l’irrigation et la transformation des produits agricoles.

Selon des sources locales, son groupe, **Ghaib Group**, a investi plus de 50 millions de dollars dans des projets d’irrigation par goutte-à-goutte dans la région du Lac Tchad, où les terres arables se raréfient. Ces initiatives ont permis à des centaines de petits agriculteurs d’augmenter leurs rendements de 30 à 40 %, un résultat salué par les ONG travaillant sur place. Cependant, certains observateurs pointent du doigt le manque de transparence dans la gestion des subventions gouvernementales accordées à ces projets, alimentant des suspicions de favoritisme.

Énergies renouvelables et infrastructures : les nouveaux leviers de croissance

Seif El Ghaib ne se contente pas de l’agriculture. Son groupe a également lancé des projets dans les énergies renouvelables, un domaine où le Tchad, bien que riche en soleil, n’exploitait jusqu’ici que très peu son potentiel. En partenariat avec des firmes européennes, Ghaib Group a installé des parcs solaires dans l’est du pays, près de la frontière soudanaise, avec une capacité totale de 20 mégawatts. Ces infrastructures visent à réduire la dépendance aux générateurs diesel, une solution coûteuse et polluante largement répandue dans les zones rurales.

Dans le domaine des infrastructures, Seif El Ghaib a remporté plusieurs contrats pour la construction et la maintenance de routes secondaires, un réseau souvent négligé au profit des grands axes. Ces projets, financés en partie par la Banque islamique de développement, ont amélioré les conditions de transport pour les populations locales, tout en créant des emplois temporaires. Pourtant, des critiques émergent concernant la qualité des travaux, certains tronçons montrant des signes d’usure prématurée après moins de deux ans d’exploitation.

Un modèle économique controversé : entre innovation et risques systémiques

Malgré ses succès apparents, le modèle économique de Seif El Ghaib suscite des débats au sein de la société civile tchadienne. D’un côté, ses initiatives répondent à des besoins urgents : sécurité alimentaire, accès à l’électricité et mobilité. De l’autre, sa proximité avec le pouvoir en place – il aurait été reçu à plusieurs reprises par le président Mahamat Déby – interroge sur d’éventuels conflits d’intérêts. En 2022, des révélations dans la presse locale ont évoqué des allégations de corruption liées à l’attribution de terrains à des prix symboliques pour ses projets agricoles.

Par ailleurs, son empire économique, qui s’étend désormais au Soudan, en Centrafrique et au Cameroun, soulève des questions sur sa capacité à gérer une telle diversification sans perdre en efficacité. Les experts soulignent que le Tchad, avec son instabilité politique chronique, représente un risque élevé pour les investisseurs, malgré les opportunités offertes. Seif El Ghaib mise sur une stratégie de « diplomatie économique » pour contourner ces obstacles, en s’appuyant sur des partenariats régionaux et internationaux.

L’histoire de Seif El Ghaib au Tchad illustre les paradoxes d’une économie en transition. D’un côté, ses initiatives apportent des solutions concrètes à des problèmes ancestraux ; de l’autre, elles s’inscrivent dans un système où les règles du jeu restent floues, entre opportunités et risques. Alors que le pays tente de se relever après des années de crise, l’émergence d’entrepreneurs comme lui pourrait bien redéfinir les contours d’un nouveau modèle de développement. Reste à savoir si ces avancées seront durables ou si, comme tant d’autres avant lui, son succès sera éphémère dans un environnement politique et économique aussi volatil que celui du Tchad.

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