Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu, ce mardi 10 octobre 2023, dans la capitale algérienne pour une visite officielle marquée par un déplacement symbolique à la Grande Mosquée d’Alger, également connue sous le nom de Mosquée Ketchaoua. Cette étape, encadrée par des échanges diplomatiques et culturels, s’inscrit dans le cadre d’un renforcement des liens entre le Tchad et l’Algérie, deux pays partageant des valeurs communes en matière de religion, de stabilité régionale et de coopération économique.
Un symbole de dialogue interreligieux et de coopération
La Grande Mosquée d’Alger, chef-d’œuvre architectural et lieu de culte emblématique, a accueilli le président Déby avec les honneurs réservés aux hautes autorités. Ce déplacement n’est pas anodin : il illustre l’importance accordée par les deux nations à la promotion du dialogue interreligieux et à la préservation du patrimoine culturel islamique. La mosquée, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, incarne à elle seule l’histoire millénaire de l’Algérie et son rôle de carrefour spirituel en Afrique du Nord.
Selon les informations recueillies auprès de sources diplomatiques, les discussions entre les délégations tchadienne et algérienne ont également porté sur des projets concrets de coopération, notamment dans les domaines de l’éducation religieuse, de la formation imamique et de la gestion des flux migratoires. L’Algérie, qui abrite l’une des plus grandes communautés de migrants subsahariens en Afrique, est un partenaire stratégique pour N’Djamena dans la lutte contre les trafics illicites et la radicalisation.
Une visite sous le signe de la stabilité sahélienne
L’escale algéroise du président Déby s’inscrit dans un contexte géopolitique régional particulièrement tendu. Depuis plusieurs années, le Sahel est en proie à des crises sécuritaires récurrentes, avec une montée des groupes armés jihadistes et des tensions communautaires exacerbées. Le Tchad, sous sa nouvelle direction politique depuis 2021, joue un rôle clé dans les initiatives de paix, notamment au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Force conjointe du G5 Sahel.
Les échanges entre les deux pays ont également abordé la question de la sécurité transsaharienne, un enjeu crucial pour l’Algérie, dont les frontières méridionales sont sous haute surveillance. Les autorités algériennes, qui ont toujours privilégié une approche diplomatique et sécuritaire pour contrer les menaces terroristes, ont réaffirmé leur soutien aux efforts tchadiens en matière de stabilisation. « L’Algérie et le Tchad sont des partenaires naturels dans la lutte contre l’extrémisme violent », a déclaré un haut responsable algérien à l’issue de la rencontre.
Outre les questions géopolitiques, la visite a permis d’évoquer des projets économiques bilatéraux, notamment dans les secteurs énergétique et agricole. L’Algérie, premier producteur de gaz en Afrique, pourrait renforcer ses exportations vers le Tchad, tandis que ce dernier, doté de vastes terres arables, pourrait devenir un fournisseur clé de denrées alimentaires pour l’Algérie. Ces synergies économiques, si elles sont concrétisées, pourraient dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays, actuellement estimés à moins de 200 millions de dollars par an.
En conclusion, la visite du président Mahamat Idriss Déby Itno à la Grande Mosquée d’Alger et ses entretiens avec les autorités algériennes marquent une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales. Entre dialogue religieux, coopération sécuritaire et projets économiques, ce déplacement illustre la volonté commune des deux nations de consolider leur partenariat face aux défis du continent. Alors que le Sahel reste une zone sous haute tension, l’Algérie et le Tchad apparaissent désormais comme des alliés incontournables pour une paix durable et un développement partagé en Afrique.