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Le 20e anniversaire des Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie en Afrique honore les pays aux politiques efficaces…

Le 20e anniversaire des Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie en Afrique, célébré ce mois-ci à Marrakech (Maroc), a mis en lumière les nations africaines dont les politiques économiques ont non seulement résisté à l’épreuve du temps, mais ont également transformé durablement le paysage socio-économique du continent. Organisés par le Forum des Bâtisseurs de l’Économie (FBE), ces prix récompensent depuis 2005 les pays africains ayant adopté des stratégies innovantes en matière de croissance inclusive, de gouvernance économique et de développement durable. Une édition spéciale, marquée par des décennies de succès et des défis persistants, a rappelé au monde que l’Afrique, souvent perçue comme un continent en crise, regorge aussi de modèles de résilience et de prospérité.

Des politiques qui inspirent : le Rwanda et le Botswana en tête des lauréats

Parmi les pays salués lors de cette cérémonie, le Rwanda et le Botswana ont été désignés comme les grands vainqueurs du 20e anniversaire, se distinguant par des politiques macroéconomiques rigoureuses et une vision à long terme. Le Rwanda, primé pour la cinquième fois, a été félicité pour sa transformation économique post-génocide, passant d’un pays parmi les plus pauvres du monde à une économie en croissance annuelle de plus de 7 % en moyenne depuis 2000. Le secteur des services, notamment les technologies de l’information et les services financiers, représente désormais près de 50 % du PIB, tandis que le pays mise sur son plan « Vision 2050 » pour atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2035. « Notre succès repose sur une gouvernance transparente et une redevabilité sans faille », a déclaré le ministre rwandais des Finances, Uzziel Ndagijimana, lors de son discours.

Le Botswana, quant à lui, a été récompensé pour sa gestion exemplaire des ressources naturelles, notamment du diamant, qui a permis au pays d’éviter le piège de la malédiction des matières premières. Avec un indice de développement humain (IDH) multiplié par trois depuis son indépendance en 1966, le Botswana affiche aujourd’hui un PIB par habitant supérieur à celui de plusieurs pays européens. Son fonds souverain, l’un des plus anciens d’Afrique, sert de modèle pour une diversification économique réussie. « Nous avons appris que la richesse naturelle doit être un levier, pas une entrave », a souligné la présidente du FBE, la Mauritanienne Fatimetou Mint Ahmed.

L’Afrique face à ses défis persistants : inégalités et dette

Malgré ces succès, les participants à l’événement ont souligné les défis majeurs qui freinent encore le continent. Les inégalités structurelles, exacerbées par des systèmes éducatifs et sanitaires inégaux, restent un frein à une croissance véritablement inclusive. Selon la Banque africaine de développement (BAD), 39 % de la population africaine vit encore sous le seuil de pauvreté, et les disparités entre zones urbaines et rurales se creusent. « Les politiques macroéconomiques ne suffisent pas sans des investissements massifs dans l’éducation et la santé », a rappelé l’économiste kényane Rose Ngugi, présente lors du forum.

Autre sujet de préoccupation : la dette publique, qui a atteint des niveaux records dans plusieurs pays. En 2023, selon le FMI, 22 pays africains étaient en situation de surendettement ou à haut risque. Le Ghana, la Zambie et l’Éthiopie, autrefois salués pour leurs réformes, peinent désormais à honorer leurs engagements. « Il est urgent de repenser les modèles de financement, notamment en réduisant la dépendance aux prêts étrangers », a plaidé l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Les participants ont également pointé du doigt les flux financiers illicites, estimés à plus de 89 milliards de dollars par an selon la CNUCED, qui privent le continent de ressources vitales pour son développement.

Cette édition des Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie en Afrique a donc été bien plus qu’une célébration : elle a servi de rappel que le continent, malgré ses défis, dispose des outils pour écrire sa propre histoire économique. Les lauréats de cette année, qu’ils soient des pionniers comme le Rwanda ou des figures de stabilité comme le Botswana, montrent que la bonne gouvernance et l’innovation peuvent briser les cycles de pauvreté. Pourtant, comme l’a souligné un participant marocain, « l’Afrique ne doit pas se contenter d’être un modèle pour les autres ; elle doit aussi résoudre ses propres contradictions ». Les prochaines décennies s’annoncent décisives pour transformer ces modèles en développement durable, inclusif et partagé par tous.

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