Le Forum des Bâtisseurs de l’Économie en Afrique (FBE) a marqué un jalon historique en célébrant, ce mois-ci, son 20e anniversaire à travers une cérémonie solennelle dédiée à l’honneur des pays ayant mis en place des politiques économiques innovantes et efficaces. Cet événement, devenu un rendez-vous incontournable pour les acteurs du développement continental, a mis en lumière des nations dont les réformes ont permis de transformer durablement leur paysage économique. Parmi les lauréats, des pays comme le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Maroc ont été salués pour leurs avancées remarquables en matière de croissance inclusive, d’industrialisation et de gouvernance financière.
Des réformes structurelles récompensées
Le Rwanda, souvent cité en exemple pour sa résilience post-génocide, a été primé pour sa vision à long terme en matière de diversification économique. Le pays, dirigé par le président Paul Kagame depuis 2000, a su attirer des investissements étrangers massifs dans des secteurs clés comme les technologies de l’information et les services financiers. Selon la Banque mondiale, le Rwanda affiche un taux de croissance moyen de 7 % depuis 2010, avec une réduction significative de la pauvreté, passant de 44 % en 2005 à 38 % en 2022. Les politiques de transparence et de simplification administrative, notamment via la plateforme *Irembo*, ont également été soulignées par les jurés du FBE.
La Côte d’Ivoire, quant à elle, a été distinguée pour sa reprise économique remarquable après la crise post-électorale de 2010-2011. Le pays, dirigé par Alassane Ouattara, a misé sur l’agro-industrie et les infrastructures pour relancer son économie. Avec un taux de croissance de 6,5 % en 2023, la Côte d’Ivoire se positionne comme l’un des moteurs de la CEDEAO. Les investissements dans les ports d’Abidjan et de San-Pédro, couplés à des réformes fiscales avantageuses pour les PME, ont été salués comme des modèles de bonne gestion. Le ministre ivoirien de l’Économie, Adama Koné, a rappelé lors de la cérémonie que « ces prix sont une reconnaissance du travail accompli, mais aussi un encouragement à poursuivre les efforts ».
Le Maroc et l’Éthiopie : des modèles de transformation industrielle
Le Maroc a reçu un prix spécial pour ses politiques en faveur de l’industrialisation et des énergies renouvelables. Le royaume, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, a lancé des projets phares comme le plan *Maroc Vert* et la construction de la centrale solaire Noor Ouarzazate, l’une des plus grandes au monde. Ces initiatives ont permis au pays de réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en créant des emplois dans les secteurs émergents. Le Maroc est également cité pour son leadership en Afrique dans la fabrication de véhicules électriques, avec des partenariats stratégiques avec des constructeurs européens.
L’Éthiopie, souvent présentée comme la nouvelle usine de l’Afrique, a été récompensée pour sa stratégie d’industrialisation accélérée. Le pays, dirigé par Abiy Ahmed, a misé sur des zones économiques spéciales comme celle de Hawassa, où des entreprises textiles et agroalimentaires internationales se sont installées. Avec un taux de croissance annuel moyen de 9 % sur la dernière décennie, l’Éthiopie incarne une Afrique en mouvement, même si des défis persistent, notamment en matière de stabilité politique et de dette publique. Les experts du FBE ont néanmoins salué « une vision audacieuse qui pourrait inspirer d’autres nations du continent ».
Ces distinctions rappellent que l’Afrique n’est plus seulement un continent à plaindre, mais un acteur économique en pleine mutation. Les politiques primées lors de ce 20e anniversaire du FBE montrent que le progrès est possible, même dans des contextes difficiles. Comme l’a souligné le président du Forum, « ces pays prouvent que la bonne gouvernance, combinée à des réformes audacieuses, peut transformer des économies entières ». Alors que l’Afrique célèbre ces succès, l’enjeu reste désormais de généraliser ces bonnes pratiques pour que le continent entier bénéficie de cette dynamique.