Afrique Environnement Technologie

Actualité africaine — 30/04/2026 19:43

Actualité africaine
Photo : David Eshiwani sur Unsplash

L’Afrique subsaharienne franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec le lancement officiel, ce 30 avril 2026, du projet « Solaris Horizon ». Cette initiative ambitieuse, portée par un consortium de pays africains et des partenaires internationaux, vise à déployer des centrales solaires d’une capacité totale de 15 gigawatts d’ici 2030. Annoncée lors du sommet de l’Union Africaine en mars dernier, cette avancée pourrait bien redéfinir le paysage énergétique du continent, longtemps dépendant des énergies fossiles importées.

Un projet structurant pour l’autonomie énergétique africaine

Le projet Solaris Horizon s’articule autour de trois piliers majeurs : la construction de parcs solaires géants au Sahara, la modernisation des réseaux de distribution et la formation de milliers d’ingénieurs et techniciens locaux. Selon le communiqué officiel de la Banque Africaine de Développement (BAD), les premières tranches de 3 gigawatts seront opérationnelles dès 2027, avec des sites pilotes déjà identifiés au Maroc, en Égypte et en Namibie. « Ce projet n’est pas qu’une question d’énergie, c’est une question de souveraineté », a déclaré le Dr. Amina Ndiaye, experte en énergies renouvelables basée à Dakar. Les coûts, estimés à 23 milliards de dollars, seront financés à hauteur de 60 % par des fonds africains, les 40 % restants provenant de bailleurs de fonds internationaux comme la Banque Mondiale et l’UE.

Les retombées économiques pourraient être colossales. Une étude conjointe de l’ONU et de l’Université de Johannesburg estime que chaque gigawatt installé générera 15 000 emplois directs et indirects. « Le solaire va créer des filières industrielles locales, de la fabrication de panneaux à la maintenance des réseaux », explique le Pr. Kwame Adjei, économiste à l’Université du Ghana. Par ailleurs, l’excédent énergétique sera exporté vers l’Europe via des câbles sous-marins, générant des revenus supplémentaires estimés à 8 milliards de dollars annuels dès 2030. Cette dimension géostratégique est d’ailleurs soulignée par les observateurs : l’Afrique pourrait ainsi devenir un acteur clé de la transition verte mondiale.

Défis et controverses entourant l’initiative

Malgré l’enthousiasme général, Solaris Horizon doit faire face à plusieurs défis. Le premier concerne la stabilité politique de certains pays hôtes. Au Mali, où un site solaire de 500 MW est prévu, la junte au pouvoir a récemment révisé les contrats miniers, suscitant des craintes de déstabilisation des investissements étrangers. « Les investisseurs ont besoin de garanties juridiques et de sécurité. Sans cela, les délais pourraient être compromis », avertit Me Fatoumata Diaby, avocate spécialisée en droit des affaires à Bamako. Par ailleurs, des ONG comme Greenpeace Afrique dénoncent l’impact environnemental des grands parcs solaires sur les écosystèmes fragiles du Sahara, notamment sur la faune locale.

Autre point de tension : l’équilibre entre production locale et exportation. Certains pays comme le Nigeria, où 80 % de la population n’a pas accès à l’électricité, réclament des priorités nationales. « Il faut d’abord éclairer les villes africaines avant de penser à alimenter l’Europe », plaide l’ingénieur nigérian Chinedu Okeke. La BAD a tenté de rassurer en promettant que 40 % de la production serait réservée aux besoins internes. Enfin, la dépendance technologique vis-à-vis de la Chine, qui fournit 70 % des panneaux solaires installés en Afrique, pose question. « Nous devons développer notre propre industrie pour éviter une nouvelle forme de néocolonialisme énergétique », estime le Dr. Ndiaye.

Solaris Horizon marque indéniablement un tournant pour l’Afrique, mais son succès dépendra de la capacité des États à surmonter ces obstacles. Si le projet tient ses promesses, il pourrait servir de modèle pour d’autres régions du monde en quête d’autonomie énergétique. Pour l’heure, les regards se tournent vers les prochaines annonces des gouvernements concernés, alors que les premières pelletées de terre des chantiers sont prévues pour juillet 2026. Une chose est sûre : l’Afrique a désormais les moyens de briller, au propre comme au figuré.

À lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *