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Actualité africaine — 29/05/2026 23:01

Le 29 mai 2026 restera comme une date charnière pour plusieurs pays africains, marquée par des avancées géopolitiques majeures et des défis persistants. Alors que le continent s’apprête à célébrer la Journée de l’Afrique le 25 mai, les événements de cette veille ont révélé des dynamiques contrastées. Entre tensions diplomatiques, initiatives économiques et crises humanitaires, l’actualité africaine de ce week-end offre un tableau complexe, reflétant à la fois les espoirs et les difficultés du continent.

Crise diplomatique en Afrique de l’Ouest : le Mali et le Burkina Faso rompent leurs liens avec la CEDEAO

Dans un revirement spectaculaire, les juntes militaires au pouvoir au Mali et au Burkina Faso ont annoncé, dans la nuit du 28 au 29 mai 2026, leur retrait immédiat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Selon un communiqué conjoint lu par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, cette décision intervient après des mois de tensions croissantes avec l’organisation régionale, accusée d’ingérence dans leurs affaires intérieures.

Les autorités maliennes et burkinabè dénoncent une « ingérence systématique » de la CEDEAO dans leurs processus de transition politique, notamment après que l’organisation ait imposé des sanctions économiques contre les deux pays en 2024. Le président de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta, a qualifié ces mesures de « néocoloniales », tandis que son homologue burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a évoqué un « complot destiné à déstabiliser les régimes progressistes » de la région.

Cette rupture, qui prend effet immédiatement, pourrait avoir des répercussions profondes sur la stabilité économique de l’Afrique de l’Ouest. La CEDEAO, dont le siège est à Abuja, représente un marché commun de près de 400 millions de consommateurs. Les deux pays, qui totalisent ensemble environ 40 millions d’habitants, représentent environ 10 % du PIB régional. Les analystes craignent une fragmentation accrue de l’intégration économique, déjà fragilisée par les coups d’État successifs au Niger et au Tchad ces dernières années.

Éthiopie : un nouveau front dans le conflit du Tigré alors que le cessez-le-feu précaire s’effrite

En Éthiopie, la situation sur le terrain se dégrade rapidement, alors que les combats reprennent dans la région du Tigré après plus d’un an de trêve fragile. Selon des sources locales et des ONG, des affrontements sporadiques ont éclaté dès le 28 mai entre les forces gouvernementales éthiopiennes et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), mettant fin à une période de calme relatif.

Les autorités d’Addis-Abeba, dirigées par le Premier ministre Abiy Ahmed, ont accusé le TPLF de violer l’accord de Pretoria signé en novembre 2022, tandis que les responsables tigréens dénoncent une « campagne militaire déguisée » sous couvert de désarmement. Les combats, qui se concentrent autour des villes de Mekele et Shire, ont déjà fait plusieurs dizaines de morts selon des observateurs indépendants.

Cette résurgence du conflit intervient alors que l’Éthiopie fait face à une crise humanitaire sans précédent. Plus de 6 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire dans le Tigré, où les infrastructures médicales et sanitaires sont en ruine. Les Nations unies ont alerté sur le risque d’une « famine dévastatrice » si les hostilités persistent. Parallèlement, le gouvernement éthiopien, déjà sous pression pour ses réformes économiques controversées, voit sa légitimité internationale s’éroder, notamment après des accusations de crimes de guerre portées devant la Cour pénale internationale.

Initiatives économiques : le Maroc et la Côte d’Ivoire renforcent leur coopération

En marge des tensions régionales, certains pays africains misent sur des partenariats bilatéraux pour dynamiser leur économie. C’est le cas du Maroc et de la Côte d’Ivoire, qui ont signé, le 29 mai 2026 à Abidjan, un accord historique visant à renforcer leurs échanges commerciaux et à développer des projets d’infrastructures communs.

L’accord, négocié sous l’égide de la Banque africaine de développement (BAD), prévoit notamment la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Abidjan à Casablanca, un projet estimé à plus de 5 milliards de dollars. Selon le ministre ivoirien des Transports, Adama Toungara, cette infrastructure « changera la donne » pour les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, en réduisant les temps de trajet de près de 40 %.

Les deux pays tablent également sur un renforcement des échanges agricoles, avec des investissements maraîchers dans la région de l’Agneby (Côte d’Ivoire) et une coopération dans le secteur des énergies renouvelables, notamment l’hydrogène vert. Cet accord s’inscrit dans la stratégie marocaine d’expansion économique en Afrique subsaharienne, tandis que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, cherche à diversifier son économie face aux fluctuations des cours mondiaux.

L’Afrique du 29 mai 2026 se trouve ainsi à la croisée des chemins. D’un côté, les divisions politiques et les conflits armés menacent la stabilité de plusieurs régions, de l’autre, des initiatives économiques audacieuses dessinent les contours d’une intégration continentale plus pragmatique. Alors que l’Union africaine commémore ses 60 ans en 2026, le continent doit impérativement trouver un équilibre entre souveraineté nationale et coopération régionale pour relever les défis de ce XXIe siècle. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si l’Afrique saura transformer ses crises en opportunités.

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