Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye dévoile sa feuille de route économique lors d’un discours historique
Le 23 mai 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a prononcé un discours télévisé depuis le palais présidentiel de Dakar, marquant le début d’une nouvelle ère économique pour le pays. Face à une assemblée composée de ministres, d’entrepreneurs et de représentants de la société civile, le chef de l’État a présenté les grandes lignes de son plan de relance, centré sur la souveraineté alimentaire, la transition énergétique et la lutte contre la corruption. Ce discours s’inscrit dans un contexte marqué par des défis économiques persistants et une demande croissante de réformes structurelles de la part de la population.
Dans son allocution, le président Faye a détaillé un ensemble de mesures visant à redynamiser l’économie sénégalaise, en proie à une inflation persistante et à un endettement public élevé. Parmi les annonces phares, la création d’un fonds souverain de 500 milliards de francs CFA dédié aux infrastructures et à l’agriculture, ainsi que la mise en place d’un programme national de subventions pour les petits producteurs locaux. Le gouvernement prévoit également de renforcer les partenariats public-privé dans les secteurs des énergies renouvelables et des technologies numériques, avec un accent particulier sur l’autonomie énergétique du pays. Ces initiatives s’appuient sur un diagnostic partagé avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, qui ont salué l’approche pragmatique du nouveau pouvoir.
Une stratégie en trois piliers : souveraineté, transparence et innovation
Le plan économique de Bassirou Diomaye Faye repose sur trois piliers fondamentaux. D’abord, la souveraineté alimentaire, avec l’objectif d’atteindre 80 % d’autosuffisance en riz et en céréales d’ici 2028, contre 50 % actuellement. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur la modernisation des exploitations agricoles, la distribution de semences certifiées et la construction de silos de stockage dans les régions productrices. Une enveloppe de 200 milliards de francs CFA a été allouée à ce volet, financée en partie par des fonds issus de la lutte contre la fraude fiscale, une priorité affichée du président.
Ensuite, la transition énergétique constitue le deuxième axe majeur. Le Sénégal, confronté à des coupures d’électricité récurrentes, prévoit d’accélérer le déploiement de centrales solaires et éoliennes, avec un objectif de 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030. Le ministre de l’Énergie, Pape Meïssa Ba, a annoncé la signature imminente de contrats avec des investisseurs européens et chinois pour la construction de parcs solaires dans les régions de Thiès et de Ziguinchor. Parallèlement, un fonds de 100 milliards de francs CFA sera consacré à l’électrification rurale, afin de réduire les inégalités d’accès à l’électricité entre Dakar et les zones périphériques.
Enfin, la transparence et la bonne gouvernance sont placées au cœur de la stratégie. Le président Faye a réitéré son engagement à démanteler les réseaux de corruption qui minent l’économie, en s’appuyant sur une nouvelle agence anticorruption dotée de moyens étendus. Des audits indépendants seront menés dans les entreprises publiques, tandis qu’un mécanisme de whistleblowing sera mis en place pour permettre aux citoyens de signaler les abus. Ces mesures s’inscrivent dans la volonté de restaurer la confiance des partenaires internationaux et des investisseurs, alors que le Sénégal fait face à une dégradation de sa note souveraine par les agences de notation.
Réactions et perspectives : entre espoir et scepticisme
Les réactions à l’annonce de ce plan économique sont contrastées. Si la société civile salue les orientations globales, notamment la priorité donnée à l’agriculture et aux énergies renouvelables, certains économistes s’interrogent sur la faisabilité des objectifs, compte tenu des contraintes budgétaires et des retards bureaucratiques fréquents dans la région. Le patronat sénégalais, représenté par la Confédération nationale des employeurs (CNE), a exprimé son soutien, tout en appelant à des mesures incitatives pour les entreprises locales. À l’international, les partenaires comme l’Union européenne et les États-Unis ont salué la volonté de réforme, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif avec les institutions financières internationales.
Pour le président Faye, ce discours marque une étape décisive dans la mise en œuvre de son programme, intitulé « Sénégal nouveau ». « Nous ne promettons pas un miracle, mais une transformation durable, fondée sur le travail et l’honnêteté », a-t-il déclaré. Alors que le pays se prépare à des élections législatives anticipées en septembre 2026, l’adhésion de la population à ce plan sera déterminante pour la crédibilité du gouvernement. Dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et une instabilité économique croissante, le Sénégal pourrait, si ce plan est mené à bien, devenir un modèle de résilience et de croissance inclusive en Afrique de l’Ouest.