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Actualité africaine — 21/06/2026 10:59

Le 21 juin 2026 marque une étape historique pour l’Afrique avec l’entrée en vigueur du Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un accord économique ambitieux visant à dynamiser le commerce intra-africain. Après des années de négociations et de retards, cette initiative phare de l’Union africaine (UA) devient enfin opérationnelle, promettant de transformer le paysage économique du continent. Selon les dernières estimations de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), cet accord pourrait stimuler le commerce intra-africain de plus de 50 % d’ici 2030, tout en réduisant la dépendance aux marchés extérieurs. Les analystes soulignent que la ZLECAf représente une réponse stratégique aux défis économiques exacerbés par la pandémie de COVID-19 et les crises géopolitiques récentes.

Un cadre juridique enfin opérationnel

L’entrée en vigueur de la ZLECAf s’accompagne de la mise en place de mécanismes concrets pour faciliter les échanges. Le Secrétariat de la ZLECAf, basé à Accra (Ghana), a officiellement lancé ses activités ce mois-ci, coordonnant les efforts des 54 États membres. Parmi les avancées majeures figure l’adoption du Règlement sur les règles d’origine, un document clé qui définit les critères permettant de déterminer si un produit est « africain » et donc éligible aux avantages tarifaires. Ce règlement, négocié pendant près de quatre ans, couvre plus de 80 % des lignes tarifaires, couvrant des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services.

Les experts saluent également l’engagement de plusieurs pays à supprimer progressivement les droits de douane sur 90 % de leurs produits d’ici 2035. Par exemple, le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, a commencé à appliquer des réductions tarifaires sur des produits manufacturés en provenance d’Afrique de l’Est. En contrepartie, l’Égypte a ouvert ses frontières aux exportations agricoles du Sénégal, un échange qui pourrait bénéficier aux deux économies. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de réciprocité, essentielle pour éviter les déséquilibres commerciaux et renforcer la confiance entre les États membres.

Des défis persistants malgré l’enthousiasme

Malgré l’optimisme général, des obstacles structurels menacent la mise en œuvre efficace de la ZLECAf. Le déficit d’infrastructures reste un frein majeur au commerce intra-africain. Selon la Banque africaine de développement (BAD), les coûts logistiques en Afrique sont parmi les plus élevés au monde, en partie à cause des routes défaillantes et des ports sous-équipés. Par exemple, le transport d’un conteneur entre Abidjan (Côte d’Ivoire) et Lagos (Nigeria) coûte environ 1 500 dollars, contre 400 dollars pour un trajet similaire en Asie du Sud-Est. Les gouvernements sont appelés à investir massivement dans les corridors routiers et ferroviaires transfrontaliers, comme le corridor Dakar-Lagos, prévu pour être terminé d’ici 2028.

Un autre défi réside dans les inégalités économiques entre les États membres. Les pays les moins avancés (PMA), comme le Tchad ou le Burundi, craignent de ne pas pouvoir concurrencer les économies plus industrialisées, comme l’Afrique du Sud ou le Maroc. Pour y remédier, la ZLECAf prévoit des mécanismes de compensation, mais leur mise en œuvre tarde. De plus, la question des marchés informels, qui représentent jusqu’à 40 % de l’économie dans certains pays, reste peu abordée. Ces circuits commerciaux échappent souvent aux radars douaniers, ce qui pourrait fausser les statistiques officielles et compliquer l’application des règles de la ZLECAf.

Alors que la ZLECAf entre dans sa phase opérationnelle, son succès dépendra de la capacité des États africains à surmonter leurs divergences et à concrétiser leurs promesses. Les premières semaines seront cruciales pour évaluer l’impact réel de l’accord, notamment sur les PME et les communautés locales. Si les défis sont nombreux, les opportunités le sont tout autant : création d’emplois, diversification économique et réduction de la pauvreté. Comme le souligne le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, « la ZLECAf n’est pas une fin en soi, mais un outil pour réaliser l’Agenda 2063 de l’Afrique ». L’avenir du continent se joue désormais sur sa capacité à faire de cet accord une réalité tangible pour ses 1,4 milliard d’habitants.

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