Le 19 juillet 2026, l’Afrique franchit une étape historique dans sa transition énergétique avec le lancement officiel du projet « Grand Réseau Vert Pan-Africain » (GRVPA). Ce méga-projet, porté par l’Union Africaine (UA) et financé à hauteur de 120 milliards de dollars par un consortium international, vise à interconnecter les réseaux électriques de 42 des 54 pays du continent d’ici 2035. L’annonce, faite lors du sommet de l’UA à Niamey, marque un tournant dans la lutte contre la précarité énergétique et les émissions de CO₂ en Afrique, où seulement 43 % des habitants ont accès à une électricité fiable.
Un projet ambitieux aux enjeux colossaux
Le GRVPA s’appuie sur trois piliers : la construction de 20 000 km de lignes à haute tension, le déploiement massif d’énergies renouvelables (solaire, éolien et hydraulique) et la modernisation des infrastructures existantes. Selon le Dr. Amina Mohammed, commissaire à l’énergie de l’UA, « ce projet réduira de 30 % la dépendance aux énergies fossiles et permettra à 150 millions de personnes supplémentaires d’accéder à l’électricité d’ici 2030 ». Les zones rurales, souvent oubliées, seront prioritaires, avec un objectif de 60 % d’électrification dans ces régions. Cependant, les défis restent immenses : instabilité politique dans plusieurs pays, corruption dans les appels d’offres, et besoin de former 50 000 techniciens locaux d’ici 2028.
Un modèle de coopération inédit
L’originalité du GRVPA réside dans son approche régionale. Contrairement aux projets précédents, souvent limités à un seul pays, ce réseau s’étendra du Maroc à l’Afrique du Sud, en passant par des hubs énergétiques au Kenya et en Éthiopie. La Banque Africaine de Développement (BAD) joue un rôle clé en garantissant 60 % des fonds, tandis que des partenaires comme l’Allemagne et la Chine apportent un soutien technique et financier. « C’est la première fois que l’Afrique prend son destin énergétique en main », déclare le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, hôte du sommet. Les experts soulignent aussi l’impact positif sur le commerce intra-africain, avec une réduction des coûts de production pour les industries locales.
Résistances et opportunités
Malgré l’enthousiasme, des critiques émergent. Les ONG environnementales, comme Greenpeace Afrique, alertent sur les risques de dégradation des écosystèmes liés aux barrages hydroélectriques, notamment au Congo et en Zambie. Par ailleurs, certains États, comme le Nigeria, expriment des réticences face à la perte de souveraineté sur leurs ressources. « L’énergie ne doit pas devenir un outil de domination géopolitique », avertit un analyste nigérian sous couvert d’anonymat. Côté opportunités, le projet pourrait créer 2 millions d’emplois directs et indirects, selon la Confédération Africaine des Syndicats Libres (CASL). Les entreprises locales, comme la société marocaine « Green Energy Africa », voient déjà une hausse de 40 % des investissements dans les énergies vertes depuis l’annonce.
Le Grand Réseau Vert Pan-Africain est bien plus qu’un projet infrastructurel : c’est un symbole de la résilience africaine face aux crises climatiques et économiques. Si les défis logistiques et politiques sont immenses, les bénéfices à long terme – réduction de la pauvreté, création d’emplois verts et indépendance énergétique – pourraient redéfinir le continent. Comme le résume un reportage de la BBC Afrique, « l’Afrique n’attend plus les solutions venues d’ailleurs ; elle les construit herself ». Une chose est sûre : d’ici 2035, le visage de l’énergie africaine aura radicalement changé.