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Actualité africaine — 13/07/2026 07:00

Le continent africain est à l’aube d’une transformation majeure dans le domaine de l’énergie, marquée par l’inauguration ce 13 juillet 2026 du plus grand parc solaire d’Afrique subsaharienne. Situé dans la région de Kayes au Mali, ce projet pharaonique, fruit d’un partenariat public-privé entre l’État malien et des investisseurs internationaux, promet de révolutionner l’accès à l’électricité dans un pays où seulement 40 % de la population dispose actuellement d’un raccordement au réseau. Avec une capacité installée de 500 mégawatts (MW), l’installation, baptisée « Solaire Kayes », dépasse de loin les précédents records en Afrique de l’Ouest et s’inscrit dans une stratégie régionale visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Un projet ambitieux pour le Mali et la sous-région

Le parc solaire de Kayes, dont la construction a débuté en 2023, s’étend sur plus de 800 hectares et intègre des technologies de pointe comme des panneaux bifaciaux capables de capter la lumière des deux côtés, ainsi qu’un système de stockage par batteries d’une capacité de 100 MW. Selon les autorités maliennes, ce projet permettra de fournir de l’électricité à plus de 1,5 million de foyers, tout en réduisant les émissions de CO₂ de près de 600 000 tonnes par an. « C’est une étape décisive pour notre transition énergétique », a déclaré le ministre malien de l’Énergie, Drissa Dembélé, lors de la cérémonie d’inauguration. « Non seulement nous répondons à nos besoins nationaux, mais nous devenons un acteur clé dans l’exportation d’énergie verte vers les pays voisins comme la Guinée, la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal. »

Le financement de ce méga-projet, estimé à 450 millions d’euros, a été assuré par un consortium comprenant la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et des fonds privés européens. Le modèle économique repose sur un tarif préférentiel de 0,04 euro par kilowattheure, l’un des plus bas d’Afrique, rendant l’électricité accessible aux populations rurales. « Ce projet illustre parfaitement comment l’Afrique peut concilier développement économique et durabilité », a souligné Akinwumi Adesina, président de la BAD. « Il montre aussi que le continent est prêt à jouer un rôle central dans la lutte contre le changement climatique. »

Des défis persistants malgré l’optimisme

Malgré l’enthousiasme généré par cette réalisation, plusieurs obstacles subsistent. D’abord, l’intermittence de la production solaire reste un enjeu majeur, même avec les batteries de stockage. Les autorités maliennes prévoient de compléter ce parc par des centrales à gaz et des projets hydroélectriques pour assurer une alimentation stable. Ensuite, l’accès aux zones rurales, où vit près de 70 % de la population, nécessite des investissements supplémentaires dans les infrastructures de distribution. Enfin, la question de la maintenance et de la formation des techniciens locaux pour garantir la pérennité du projet se pose avec acuité.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour critiquer l’impact environnemental des infrastructures connexes, comme les lignes à haute tension nécessaires pour acheminer l’électricité sur de longues distances. Des associations écologistes locales, comme le Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles du Mali (ROPAM), alertent sur les risques de déforestation et de perturbation des écosystèmes dans une région déjà vulnérable à la désertification. « Le solaire est une solution, mais elle ne doit pas se faire au détriment des communautés locales », a réagi Fatoumata Traoré, coordinatrice du ROPAM.

Le parc solaire de Kayes représente indéniablement une avancée historique pour l’Afrique, mais son succès à long terme dépendra de la capacité des États à surmonter ces défis structurels. En attendant, ce projet envoie un signal fort au reste du continent : l’énergie renouvelable n’est plus une option, mais une nécessité.

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