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Actualité africaine — 07/06/2026 22:59

L’Afrique subsaharienne franchit une étape majeure dans sa transition énergétique avec l’annonce, ce 7 juin 2026, de la finalisation des accords pour la construction du plus grand parc solaire d’Afrique de l’Ouest. Ce projet, porté par un consortium international et le gouvernement sénégalais, marque un tournant dans la lutte contre les pénuries d’électricité chroniques qui freinent le développement économique de la région. Avec une capacité de 300 mégawatts (MW), le parc solaire de Diass, situé à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, promet d’alimenter plus de 600 000 foyers et de réduire les émissions de CO₂ de près de 350 000 tonnes par an. Une avancée saluée par les experts, mais qui soulève également des questions sur sa viabilité économique et son impact sur les communautés locales.

Un projet pharaonique aux enjeux multiples

Le parc solaire de Diass, dont les travaux doivent débuter en septembre 2026 pour une mise en service prévue en 2028, représente un investissement total de 280 millions de dollars. Financé à 70 % par la Banque africaine de développement (BAD) et à 20 % par l’Union européenne, ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE) et du programme *Desert to Power*, visant à faire du pays un hub régional de production d’énergie verte. Selon les autorités sénégalaises, cette infrastructure permettra de combler 15 % du déficit énergétique national, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles, actuellement responsables de 80 % de la production électrique du pays.

Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants se cachent des défis logistiques et sociaux. Le site de Diass, choisi pour son ensoleillement exceptionnel, se situe dans une zone rurale où l’accès à l’eau potable reste limité. Les promoteurs du projet affirment avoir prévu des solutions, comme la construction d’un système de dessalement alimenté par l’énergie solaire, mais les associations locales expriment des craintes quant à la gestion des ressources hydriques et à la redistribution des bénéfices. « Sans une véritable consultation des populations, ce projet pourrait devenir une nouvelle forme de colonisation énergétique », alerte Fatoumata Sidibé, coordinatrice d’une ONG locale.

Un modèle reproductible ou un cas isolé ?

Le succès du parc solaire de Diass pourrait servir de référence pour d’autres pays africains, comme le Mali ou le Burkina Faso, où des projets similaires sont à l’étude. La Banque mondiale a d’ailleurs annoncé, en marge de cet accord, un fonds de 500 millions de dollars dédié aux énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest. Cependant, des critiques pointent du doigt le manque de coordination régionale et les risques de surendettement pour des pays déjà fragilisés par la crise économique post-COVID. « L’Afrique a besoin d’une stratégie cohérente, pas de projets isolés qui alourdissent sa dette », estime le Dr. Amadou Diallo, économiste à l’Université Cheikh Anta Diop.

Par ailleurs, la question de la maintenance et de la durabilité des infrastructures reste entière. Contrairement aux centrales thermiques, les parcs solaires nécessitent une main-d’œuvre qualifiée et des pièces détachées souvent importées, ce qui pose un problème de souveraineté technologique. Le Sénégal a prévu de former 500 techniciens locaux d’ici 2028, mais la dépendance aux importations de panneaux photovoltaïques chinois ou européens reste un point de vulnérabilité. « Sans une filière industrielle locale, ces projets resteront des îlots de modernité dans un océan de précarité », souligne un rapport de l’ONG *Enda Tiers-Monde*.

Alors que l’Afrique subsaharienne concentre 60 % des ressources solaires mondiales, le parc de Diass symbolise à la fois l’espoir d’une transition énergétique réussie et les obstacles structurels qui persistent. Si les promesses se concrétisent, il pourrait inspirer une nouvelle génération de projets verts, mais son impact réel dépendra de sa capacité à s’inscrire dans une vision globale, équitable et durable. Pour l’heure, les yeux sont rivés sur Dakar : le chantier de Diass sera le premier test grandeur nature de la capacité du continent à concilier croissance économique et justice sociale.

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