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سيفي غريب يحلّ بتشاد – اقتصاد : الخبر

Le Tchad, pays enclavé d’Afrique centrale souvent confronté à des défis économiques et politiques majeurs, accueille désormais une nouvelle figure influente dans son paysage financier. Seif Gharib, entrepreneur et investisseur égyptien, a récemment annoncé son arrivée au Tchad avec des projets ambitieux visant à relancer l’économie locale. Son initiative suscite à la fois de l’espoir et des interrogations quant à son impact réel sur un pays où les ressources naturelles et humaines peinent à se concrétiser en prospérité partagée.

Un profil d’entrepreneur aux ambitions transnationales

Seif Gharib n’est pas un inconnu dans le monde des affaires africaines. Originaire d’Égypte, où il a bâti une réputation dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, il s’est progressivement tourné vers l’Afrique subsaharienne. Spécialisé dans les partenariats public-privé, Gharib a notamment œuvré au Sénégal et en Côte d’Ivoire, où ses projets ont attiré l’attention des médias et des investisseurs. Au Tchad, il mise sur des secteurs clés comme l’agriculture, les énergies renouvelables et la logistique, des domaines où le pays dispose d’un potentiel inexploité mais où les infrastructures restent défaillantes.

Son arrivée coïncide avec une période où le Tchad cherche à diversifier son économie, encore largement dépendante du pétrole et de l’agriculture de subsistance. Le gouvernement tchadien, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby Itno depuis 2021, a multiplié les appels aux investisseurs étrangers pour stimuler la croissance. Cependant, le pays souffre d’un manque criant de stabilité politique, d’un système bancaire fragile et d’une corruption endémique qui découragent souvent les partenaires étrangers. Dans ce contexte, l’engagement de Gharib pourrait-il être un tournant ?

Des projets concrets, mais des défis persistants

Les détails des projets portés par Seif Gharib au Tchad restent encore flous, mais plusieurs sources proches du dossier évoquent des discussions avancées pour la construction de parcs solaires dans le nord du pays, une région riche en soleil mais pauvre en accès à l’électricité. Une autre piste concerne la modernisation des chaînes de valeur agricoles, notamment pour les cultures de coton et de sorgho, deux produits d’exportation historiques pour le Tchad. Enfin, Gharib serait en pourparlers avec des acteurs locaux pour développer des corridors logistiques reliant le Tchad aux pays voisins comme le Cameroun et le Soudan, afin de faciliter les échanges commerciaux.

Cependant, ces ambitions se heurtent à des obstacles structurels bien réels. Le Tchad figure parmi les pays les moins avancés (PMA) selon l’ONU, avec un indice de développement humain (IDH) parmi les plus bas au monde. Les investisseurs étrangers doivent composer avec une bureaucratie étouffante, des conflits intercommunautaires récurrents dans certaines régions, et une instabilité politique chronique. De plus, la crise économique mondiale et la baisse des prix des matières premières ont réduit la marge de manœuvre des États africains, y compris le Tchad, qui dépend encore à 60 % de ses recettes pétrolières.

Pourtant, Gharib semble convaincu que son approche, fondée sur des partenariats gagnant-gagnant et une intégration locale forte, pourrait contourner ces écueils. « Le Tchad a des ressources humaines et naturelles sous-exploitées. L’enjeu n’est pas seulement d’investir, mais de créer des emplois durables et de former les populations », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à N’Djamena en mars 2024. Une promesse qui, si elle se concrétise, pourrait redonner confiance aux acteurs économiques tchadiens et internationaux.

L’arrivée de Seif Gharib au Tchad s’inscrit dans une dynamique plus large de renaissance économique africaine, où de nouveaux acteurs émergent pour compenser le désengagement partiel des anciennes puissances coloniales. Cependant, le succès de ses projets dépendra largement de sa capacité à naviguer dans un environnement politique et social complexe. Si les défis sont immenses, l’espoir suscité par son engagement rappelle que le Tchad, malgré tout, reste un pays où l’avenir pourrait basculer – pour le meilleur ou pour le pire.

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