Le Tchad, souvent confronté à des défis économiques majeurs, voit émerger une nouvelle figure prometteuse dans le paysage des affaires : Seïf Al-Gharib. Cet entrepreneur, dont le parcours reste encore méconnu du grand public, s’impose progressivement comme un acteur clé dans la transformation des secteurs productifs du pays. Spécialisé dans les domaines de l’agro-industrie et des énergies renouvelables, il incarne une génération d’hommes d’affaires tchadiens déterminés à diversifier l’économie nationale, longtemps dépendante du pétrole et de l’aide internationale. Son arrivée coïncide avec une période charnière pour le pays, où les autorités misent sur l’innovation pour stimuler la croissance et créer des emplois.
Un profil atypique dans l’écosystème tchadien
Seïf Al-Gharib, né dans une famille modeste de N’Djamena, a bâti sa réputation grâce à une vision ambitieuse et une capacité à mobiliser des ressources locales et internationales. Formé en gestion et en ingénierie industrielle en Europe, il a rapidement compris que le Tchad, malgré ses richesses naturelles, devait capitaliser sur ses atouts humains et agricoles pour réduire sa vulnérabilité économique. Contrairement à d’autres entrepreneurs du pays, souvent cantonnés aux secteurs traditionnels comme le commerce ou les services, Al-Gharib a choisi de se positionner sur des niches porteuses : la transformation des produits locaux (sorgho, mil, arachide) et le développement de mini-réseaux solaires en zones rurales.
Ses premiers succès incluent la création d’une usine de décorticage de riz à Moundou, qui a permis à des centaines de petits producteurs de gagner en productivité. En parallèle, son entreprise a signé des partenariats avec des ONG pour électrifier des villages reculés grâce à l’énergie solaire, une initiative saluée par les Nations unies pour son impact social. « Le Tchad a besoin de solutions endogènes, pas seulement d’exportations de matières premières », déclare-t-il lors d’une conférence à Paris en 2023. Son approche, à la fois pragmatique et audacieuse, séduit les bailleurs de fonds, notamment la Banque africaine de développement (BAD), qui lui a accordé un prêt de 5 millions de dollars en 2022 pour développer ses projets.
Un levier pour l’indépendance économique du Tchad
L’arrivée de Seïf Al-Gharib dans l’économie tchadienne s’inscrit dans un contexte où le gouvernement, sous la pression des crises répétées (sécurité alimentaire, instabilité politique, chute des prix du pétrole), tente de relancer des secteurs clés. Le plan « Tchad 2035 », adopté en 2020, vise notamment à augmenter la part de l’agriculture dans le PIB (actuellement à 40 %) et à réduire la dépendance aux importations alimentaires. Al-Gharib y contribue activement via des projets comme « Nourrir le Sahel », qui forme des coopératives féminines à la culture de légumineuses résistantes à la sécheresse.
Sur le plan énergétique, ses initiatives complètent les efforts de l’État, qui mise sur les énergies renouvelables pour atteindre son objectif de 20 % d’électricité verte d’ici 2030. « Sans accès à l’énergie, impossible de développer l’industrie ou de retenir les jeunes talents », explique-t-il. Son entreprise, Solar Chad Solutions, emploie aujourd’hui plus de 200 personnes, principalement des jeunes formés en maintenance de panneaux solaires. Ces emplois, souvent dans des zones reculées, limitent l’exode rural et renforcent la cohésion sociale.
Cependant, des défis subsistent. Les contraintes logistiques (réseaux routiers défaillants, bureaucratie) et le manque de financements locaux ralentissent encore l’expansion de ses activités. « Nous dépendons trop des subventions étrangères. Le secteur privé tchadien doit prendre son envol », plaide-t-il. Pour y remédier, il a lancé en 2023 un fonds d’investissement, « Al-Gharib Capital », destiné à soutenir les start-ups locales dans les filières vertes et numériques.
Seïf Al-Gharib représente ainsi bien plus qu’un simple entrepreneur : il incarne une nouvelle dynamique économique au Tchad. Son parcours illustre la possibilité de concilier rentabilité et impact social, dans un pays où l’économie informelle domine encore largement. Si ses projets aboutissent, ils pourraient servir de modèle pour d’autres nations africaines confrontées aux mêmes dilemmes. Pour l’heure, son nom résonne comme un symbole d’espoir pour une génération en quête de stabilité et de prospérité. Reste à savoir si le Tchad saura saisir cette opportunité pour écrire, enfin, une page nouvelle de son histoire économique.