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سيفي غريب يحلّ بتشاد – اقتصاد : الخبر

Dans un contexte économique régional marqué par des défis persistants, le Tchad attire une nouvelle fois l’attention avec l’arrivée du milliardaire saoudien Seif Ghubayr. Ce dernier, connu pour ses investissements audacieux en Afrique, a annoncé des projets ambitieux dans le secteur agricole et énergétique du pays. Une initiative qui suscite à la fois espoir et interrogations quant à son impact réel sur l’économie tchadienne, souvent dépendante des cours des matières premières et des aides internationales.

Un investisseur controversé au profil international

Seif Ghubayr, membre d’une famille influente du Golfe, s’est distingué ces dernières années par des prises de participation dans des secteurs stratégiques en Afrique subsaharienne. Au Tchad, il a choisi de miser sur deux domaines clés : l’agriculture, avec la modernisation des cultures de céréales et de coton, et les énergies renouvelables, notamment le solaire. Le gouvernement tchadien a salué cette initiative, espérant une diversification de l’économie, historiquement centrée sur le pétrole, dont les revenus fluctuent au gré des marchés internationaux.

Cependant, les observateurs soulignent les risques associés à ce type de partenariats. Les projets de Ghubayr ne sont pas isolés : plusieurs investisseurs étrangers ont tenté, sans toujours aboutir, de transformer le Tchad en hub agricole ou énergétique. Les défis sont multiples : infrastructures insuffisantes, instabilité politique chronique et corruption endémique. « Les promesses sont souvent plus belles que les réalisations », confie un économiste basé à N’Djamena, sous couvert d’anonymat. « Mais si ces investissements s’accompagnent de véritables transferts de technologie et de création d’emplois locaux, cela pourrait changer la donne ».

Quel impact pour l’économie tchadienne ?

Les premiers signes concrets de l’engagement de Ghubayr restent à concrétiser. Selon des sources proches du dossier, des négociations sont en cours pour la construction de centrales solaires dans les régions de Biltine et d’Am Timan, où l’ensoleillement est optimal. En agriculture, des partenariats avec des coopératives locales sont évoqués pour relancer la filière cotonnière, autrefois florissante avant les crises des années 2000. Ces projets pourraient, à terme, réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, un enjeu majeur dans un pays où près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Pourtant, les sceptiques rappellent que le Tchad a déjà connu des échecs retentissants. En 2018, le géant indien Adani Group avait promis des milliards de dollars pour développer des mines de phosphate, sans que rien ne se concrétise. De même, les investissements agricoles étrangers peinent souvent à tenir leurs promesses, en raison de la bureaucratie locale et des conflits fonciers. « Les investisseurs cherchent avant tout des rendements rapides », explique une analyste de l’ONG International Crisis Group. « Si Ghubayr veut être crédible, il devra s’engager sur des échéances réalistes et des mécanismes de transparence ».

Le gouvernement tchadien, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby Itno depuis 2021, mise sur ces partenariats pour relancer une économie asphyxiée par la chute des prix du pétrole et les dépenses militaires. Une récente étude de la Banque mondiale estime que le PIB tchadien pourrait croître de 3,5 % en 2024, mais uniquement si les réformes structurelles sont menées en parallèle. Dans ce cadre, l’arrivée de Ghubayr pourrait servir de catalyseur – ou simplement s’ajouter à la longue liste des opportunités manquées du pays.

Alors que le Tchad cherche désespérément à se réinventer, l’expérience de Seif Ghubayr servira de test. Entre espoirs de développement et craintes de nouvelles dépendances, une chose est sûre : le pays a plus que jamais besoin de résultats tangibles. Pour les Tchadiens, l’enjeu dépasse le simple cadre économique ; il s’agit de survie dans un environnement où les promesses, trop souvent, ne valent pas plus que le papier sur lequel elles sont écrites.

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