Le Forum des bâtisseurs de l’économie africaine (AEBF) célèbre cette année son 20e anniversaire, un jalon marquant pour reconnaître les pays du continent ayant mis en œuvre des politiques économiques transformatrices. Organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 25 au 27 mars 2024, cet événement phare s’est distingué par la remise de prix aux nations les plus performantes en matière de croissance inclusive, d’innovation et de résilience face aux crises globales. Parmi les lauréats, on compte des pays comme le Rwanda, le Botswana et le Sénégal, dont les modèles économiques sont souvent cités en exemple sur la scène internationale.
Des politiques économiques porteuses de changement
Les critères d’évaluation du Forum reposent sur plusieurs indicateurs clés : la stabilité macroéconomique, la diversification industrielle, l’accès aux financements, et l’impact social des réformes. Le Rwanda, par exemple, a été salué pour sa vision long terme, notamment à travers son plan « Vision 2050 », qui vise à transformer l’économie en un hub technologique et logistique régional. Grâce à des réformes administratives radicales et un climat des affaires en amélioration constante, le pays a enregistré une croissance annuelle moyenne de 7 % depuis 2000, malgré les défis post-pandémie.
Le Botswana, quant à lui, a été récompensé pour sa gestion prudente des ressources naturelles, en particulier du diamant. Le pays a su réinvestir ses revenus pétroliers et miniers dans l’éducation et les infrastructures, réduisant ainsi sa dépendance aux matières premières. Avec un indice de développement humain (IDH) parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne, le Botswana démontre que la bonne gouvernance et la transparence budgétaire sont des leviers essentiels pour un développement durable. Enfin, le Sénégal se distingue par ses avancées en matière d’énergie renouvelable, avec des projets comme le parc solaire de Bokhol, qui couvrent désormais 30 % des besoins nationaux en électricité.
Un cadre propice à l’innovation et à la collaboration
Le 20e anniversaire de l’AEBF a également été l’occasion de souligner l’importance de la coopération régionale pour accélérer la transformation économique. Les échanges entre décideurs politiques, investisseurs et experts ont mis en lumière des initiatives comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l’objectif est de booster les échanges intra-africains en réduisant les barrières douanières. « L’Afrique doit capitaliser sur ses forces internes avant de chercher des partenariats externes », a déclaré un représentant de la Banque africaine de développement (BAD) lors d’une table ronde.
Les discussions ont aussi porté sur les défis persistants, tels que les inégalités structurelles et les effets du changement climatique. Plusieurs lauréats ont partagé leurs stratégies pour y faire face, comme le Ghana avec son programme « Planting for Food and Jobs », ou encore le Maroc, primé pour ses avancées en agriculture intelligente face à la sécheresse. Ces exemples illustrent une tendance croissante : l’intégration des solutions locales et technologiques dans les politiques publiques.
À l’issue de ce forum, une question centrale émerge : comment pérenniser ces succès à l’échelle du continent ? Les experts s’accordent sur la nécessité d’une approche holistique, combinant réformes structurelles, investissements dans le capital humain et partenariats public-privé innovants. Alors que l’Afrique reste le continent le plus jeune du monde, avec près de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans, les politiques primées lors de l’AEBF offrent une feuille de route inspirante pour les décennies à venir. À l’aube de 2024, l’Afrique prouve une fois de plus qu’elle est un acteur incontournable de l’économie mondiale, non seulement par ses ressources, mais aussi par sa capacité à innover et à se réinventer.