Le 25 juillet 2026, l’Afrique subsaharienne a été le théâtre de plusieurs événements marquants, illustrant à la fois les défis persistants et les avancées significatives du continent. Entre tensions géopolitiques, innovations économiques et crises humanitaires, cette journée a confirmé l’Afrique comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Analyse des faits saillants qui ont rythmé cette date charnière.
Crise politique au Sahel : la junte malienne sous pression internationale
Au Mali, la junte militaire au pouvoir depuis 2020 a été la cible de nouvelles sanctions de la part de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a réitéré son exigence d’un retour à l’ordre constitutionnel « dans les meilleurs délais ». Les chefs d’État de la région, réunis en sommet extraordinaire à Abuja, ont menacé de « mesures coercitives » si aucun calendrier électoral n’est présenté d’ici fin 2026. Cette pression survient alors que les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique intensifient leurs attaques dans le centre du pays, faisant craindre une escalade de l’insécurité. Les analystes soulignent que l’absence de gouvernement civil légitime aggrave la fragmentation du territoire, où les milices pro-gouvernementales et les groupes armés se disputent le contrôle des ressources.
Parallèlement, le Burkina Faso, également dirigé par une junte depuis 2022, a annoncé une « réorganisation stratégique » de son armée, avec le déploiement de 10 000 nouveaux soldats dans les zones frontalières avec le Mali et le Niger. Cette mobilisation, justifiée par la lutte contre le terrorisme, est cependant perçue comme une tentative de consolidation du pouvoir par le lieutenant-colonel Ibrahim Traoré. Les observateurs internationaux s’interrogent sur la viabilité de cette stratégie, alors que les rapports de l’ONU indiquent une augmentation de 40 % des attaques terroristes au premier semestre 2026.
Transition énergétique en Afrique du Sud : un virage controversé vers le charbon
L’Afrique du Sud, souvent présentée comme un leader continental en matière d’énergies renouvelables, a suscité la perplexité en annonçant le 25 juillet la relance de sept centrales à charbon, initialement prévues pour une fermeture progressive d’ici 2030. Cette décision, justifiée par la ministre de l’Énergie, Gwede Mantashe, par la « nécessité de stabiliser le réseau électrique », a été critiquée par les ONG environnementales. Greenpeace Afrique a qualifié ce choix de « trahison des engagements climatiques » du pays, rappelant que l’Afrique du Sud est le 12ᵉ plus grand émetteur de CO₂ au monde. Les experts soulignent que cette mesure, couplée à des retards dans les projets d’énergies vertes, pourrait coûter au pays des milliards de dollars de financements internationaux.
Pourtant, des avancées notables ont été enregistrées dans le secteur des énergies propres. Le Kenya a inauguré la plus grande ferme solaire d’Afrique de l’Est, d’une capacité de 400 MW, dans le comté de Turkana. Ce projet, financé par la Banque mondiale et des investisseurs privés, devrait alimenter près de 1,5 million de foyers. Par ailleurs, le Maroc a confirmé l’achèvement du premier tronçon de son parc éolien offshore de Dakhla, qui, une fois achevé, fournira 30 % de l’électricité nationale. Ces initiatives contrastent avec les choix sud-africains, mettant en lumière les disparités régionales en matière de transition écologique.
Innovation financière : la Banque africaine de développement lance un fonds souverain panafricain
Dans une initiative saluée par les économistes, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé le lancement d’un fonds souverain panafricain doté de 5 milliards de dollars, destiné à financer des infrastructures transnationales. Ce mécanisme, baptisé « Africa Sovereign Wealth Fund » (ASWF), vise à attirer les investissements privés en offrant des garanties souveraines aux projets à haut risque. Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a déclaré que ce fonds permettrait de « briser le cycle de la dette » en réduisant la dépendance aux prêts étrangers.
Les premiers projets ciblés incluent un corridor routier reliant le Sénégal au Tchad, ainsi qu’un réseau ferroviaire transsaharien reliant le Nigeria au Maroc. Cependant, des questions persistent quant à la gouvernance de ce fonds, certains pays comme l’Égypte et l’Algérie ayant exprimé des réserves sur le partage des bénéfices. Les détracteurs du projet pointent également le risque de détournement de fonds dans des pays où la corruption reste endémique.
La journée du 25 juillet 2026 a ainsi révélé une Afrique en pleine mutation, tiraillée entre ses défis internes et son ambition de jouer un rôle central dans l’économie mondiale. Si les crises au Sahel rappellent la fragilité des États, les initiatives en matière d’énergie et de finance montrent que le continent est capable de se réinventer. L’équilibre entre stabilité politique, transition écologique et croissance économique restera cependant le défi majeur des prochains mois.