Afrique Économie International

سيفي غريب يحلّ بتشاد – اقتصاد : الخبر

Au Tchad, l’arrivée de Seif Gharib dans l’arène économique suscite autant de curiosité que d’interrogations. Ce jeune entrepreneur, dont l’ascension rapide dans le secteur privé tchadien intrigue les observateurs, incarne une nouvelle génération d’acteurs économiques déterminés à transformer le paysage des affaires dans un pays encore marqué par les défis structurels. Son parcours, bien que récent, s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification économique, alors que N’Djamena cherche à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et à attirer des investissements étrangers. Mais qui est vraiment Seif Gharib, et quel impact son intervention pourrait-elle avoir sur l’économie tchadienne ?

Un profil atypique dans le monde des affaires tchadien

Seif Gharib, bien que peu médiatisé avant 2023, a rapidement gagné en visibilité grâce à des projets ambitieux dans des secteurs aussi variés que l’agro-industrie, les énergies renouvelables et les technologies financières. Originaire d’une famille modeste de la capitale tchadienne, il a commencé sa carrière comme consultant en gestion avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Son approche, souvent qualifiée de « disruptive » par les analystes locaux, repose sur l’exploitation de niches peu exploitées par les acteurs traditionnels, comme les chaînes de froid pour les produits agricoles périssables ou les solutions énergétiques solaires adaptées aux zones rurales.

Contrairement à d’autres figures du business tchadien, liées à des conglomérats historiques ou à des réseaux politiques, Seif Gharib mise sur des partenariats internationaux, notamment avec des entreprises européennes et asiatiques, pour contourner les contraintes locales. Cette stratégie lui a permis de lever des fonds importants en peu de temps, un exploit rare dans un pays où l’accès au crédit reste un casse-tête pour les PME. Cependant, certains observateurs pointent du doigt le manque de transparence autour de ses sources de financement, un sujet qui commence à alimenter des débats dans les cercles économiques du pays.

Des projets à fort impact potentiel… mais des défis persistants

Parmi les initiatives portées par Seif Gharib, le projet phare reste la création d’une usine de transformation de sorgho et de mil, deux céréales largement cultivées au Tchad mais peu valorisées à l’export. Ce complexe, situé dans la région du Logone, vise à produire des farines enrichies et des boissons locales destinées aux marchés ouest-africains. Selon les estimations préliminaires, ce projet pourrait générer jusqu’à 5 000 emplois directs et indirects, un atout majeur dans un pays où le chômage des jeunes dépasse les 30 %. De plus, en réduisant les pertes post-récolte (estimées à 40 % pour les céréales au Tchad), l’entreprise contribuerait à renforcer la sécurité alimentaire, un enjeu critique dans une région régulièrement frappée par des crises nutritionnelles.

Autre volet de son activité : les énergies renouvelables. Seif Gharib a lancé une série de mini-réseaux solaires dans des villages isolés, en partenariat avec des ONG internationales. Ces installations, bien que modestes, offrent une alternative aux coupures de courant chroniques qui paralysent l’économie tchadienne. Pourtant, ce secteur reste entravé par des réglementations floues et un manque d’infrastructures adaptées. Les experts soulignent que sans un cadre légal clair et des incitations fiscales, ces initiatives risquent de rester à l’échelle pilote.

Entre opportunités et risques systémiques

L’irruption de Seif Gharib dans le paysage économique tchadien soulève une question centrale : peut-il, à lui seul, catalyser un changement structurel ? Si ses projets montrent une volonté de rompre avec les modèles économiques traditionnels, ils s’inscrivent dans un écosystème où les barrières sont nombreuses. Le Tchad se classe 184e sur 190 dans le dernier rapport *Doing Business* de la Banque mondiale, en raison notamment de la corruption, de la bureaucratie étouffante et d’un climat des affaires instable. Dans ce contexte, même les entrepreneurs les plus dynamiques peinent à pérenniser leurs activités sans un soutien étatique clair.

Pourtant, son arrivée coïncide avec une période de transition politique au Tchad, marquée par l’espoir d’une relance économique après des années de stagnation. Le gouvernement de transition, en place depuis 2021, a multiplié les annonces sur la diversification économique, mais les mesures concrètes se font attendre. Seif Gharib, conscient de ces défis, a récemment appelé à une réforme du secteur bancaire et à la création de fonds d’investissement dédiés aux startups. Une telle proposition, si elle était suivie d’effets, pourrait accélérer l’émergence d’une classe moyenne entrepreneuriale au Tchad.

Seif Gharib incarne ainsi une lueur d’espoir pour une économie tchadienne à la recherche de nouveaux moteurs de croissance. Son parcours illustre les opportunités offertes par un continent en mutation, où l’innovation, même venue de jeunes pousses, peut bousculer les vieux équilibres. Pourtant, son succès dépendra largement de sa capacité à naviguer dans un environnement où les règles du jeu restent floues. Une chose est sûre : son histoire sera suivie de près par ceux qui, au Tchad et au-delà, croient en un avenir où l’entrepreneuriat local pourrait enfin prendre son envol.

À lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *