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سيفي غريب يحلّ بتشاد – اقتصاد : الخبر

Au Tchad, l’arrivée du Premier ministre Succès Masra marque un tournant politique et économique majeur. Nommé à la tête du gouvernement par le général Mahamat Déby Itno en janvier 2024, cet économiste formé à Harvard incarne l’espoir d’une transition vers une gouvernance plus inclusive et d’une relance économique nécessaire. Son parcours, ses premières mesures et les défis qui l’attendent dessinent les contours d’un Tchad en quête de stabilité.

Un profil technocrate pour une transition difficile

Succès Masra, 38 ans, est une figure atypique dans le paysage politique tchadien. Après des études en économie à l’Université de N’Djamena, il a obtenu un master à Harvard avant de travailler pour des institutions internationales comme la Banque mondiale. Son retour au Tchad en 2021, après un exil de cinq ans, coïncide avec le début de la crise post-électorale qui a suivi la mort d’Idriss Déby. Masra, alors député d’opposition, s’est rapidement imposé comme un acteur clé du dialogue national.

Sa nomination comme Premier ministre par le général Mahamat Déby Itno, fils de l’ancien président, surprend autant qu’elle suscite des espoirs. Masra incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, alliant expertise technique et volonté de réforme. Pourtant, son arrivée au pouvoir intervient dans un contexte économique et social explosif. Le Tchad, pays enclavé et dépendant des hydrocarbures, subit de plein fouet les conséquences de la chute des prix du pétrole et des crises alimentaires récurrentes.

Les défis économiques : entre relance et réformes structurelles

Dès son entrée en fonction, Succès Masra a mis en avant trois priorités : la réduction de la pauvreté, la diversification économique et la lutte contre la corruption. Les indicateurs récents sont alarmants : le FMI estime que 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le chômage des jeunes dépasse les 20 %. Pour y répondre, le gouvernement a lancé un plan de relance incluant des investissements dans les secteurs agricoles et miniers, ainsi qu’un renforcement des partenariats avec les pays voisins.

Cependant, les obstacles sont nombreux. Le secteur pétrolier, qui représente 60 % des exportations, reste fragile en raison de la volatilité des prix et des retards dans la construction d’un oléoduc vers le Cameroun. Par ailleurs, la dépendance aux importations alimentaires, aggravée par les changements climatiques, expose le pays à des risques de pénuries. Masra a promis des réformes pour moderniser l’administration et attirer les investissements étrangers, mais la méfiance des partenaires internationaux persiste.

Les premières mesures symboliques, comme la baisse des salaires des hauts fonctionnaires et la création d’un fonds dédié à la jeunesse, ont été saluées. Pourtant, certains observateurs soulignent que ces actions restent insuffisantes sans une refonte en profondeur des institutions. La Banque mondiale a d’ailleurs conditionné son soutien à des garanties de transparence et de bonne gouvernance.

En conclusion, l’arrivée de Succès Masra à la tête du gouvernement tchadien représente une opportunité rare pour le pays. Son profil technocrate et son expérience internationale offrent une chance de sortir de l’impasse économique et politique. Toutefois, les défis structurels sont immenses : diversification économique, réforme des institutions et inclusion sociale. La réussite de son mandat dépendra de sa capacité à concilier réformes ambitieuses et réalisme politique, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes. Pour le Tchad, le pari est double : transformer l’essai ou risquer un nouveau cycle de crises.

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