Le Forum des Bâtisseurs de l’Économie en Afrique (FBE-Afrique) célèbre cette année son 20e anniversaire en Afrique, un jalon marquant pour l’économie du continent. Créé en 2004, ce prestigieux événement récompense chaque année les pays africains qui se distinguent par des politiques économiques innovantes, durables et inclusives. Pour son édition 2024, le forum met en lumière des nations ayant su allier croissance, résilience et adaptation aux défis globaux, tout en inspirant d’autres économies du continent.
Une plateforme d’excellence économique africaine
Depuis deux décennies, le FBE-Afrique s’est imposé comme une référence incontournable pour évaluer et promouvoir les bonnes pratiques économiques sur le continent. Son jury, composé d’experts internationaux et de représentants d’institutions financières majeures, examine des critères rigoureux tels que la stabilité macroéconomique, l’innovation industrielle, l’attractivité des investissements ou encore l’impact social des politiques publiques. Les lauréats de cette année reflètent cette diversité : du Ghana, salué pour sa gestion monétaire rigoureuse malgré les chocs externes, au Rwanda, reconnu pour son écosystème numérique en plein essor, en passant par le Maroc, distingué pour ses stratégies industrielles vertes et son leadership en énergie renouvelable.
Ces distinctions ne sont pas anodines. Elles offrent une visibilité accrue aux pays concernés, renforçant leur crédibilité sur la scène internationale et attirant des partenariats stratégiques. Comme le souligne le professeur Amadou Sy, économiste à l’Université de Californie, * »les Prix du FBE-Afrique servent de catalyseur pour les réformes structurelles. Ils valident les efforts des gouvernements tout en incitant les autres à innover. »* Cette dynamique contribue à créer un cercle vertueux où l’excellence économique devient un objectif partagé.
Des politiques gagnantes face aux défis globaux
Les lauréats de cette année illustrent comment certains pays africains transforment les crises en opportunités. Au Sénégal, par exemple, le secteur des énergies renouvelables a connu un essor sans précédent grâce à des politiques incitatives ciblant à la fois les investisseurs locaux et internationaux. Avec le projet *Yassa*, le pays mise sur une production solaire décentralisée pour électrifier les zones rurales, réduisant ainsi sa dépendance aux importations d’énergies fossiles. Une approche saluée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour son modèle reproductible.
Autre exemple marquant : l’Éthiopie, primée pour son Plan de Croissance et de Transformation (PCT), qui a permis de diversifier son économie tout en maintenant une croissance annuelle moyenne de 6 % entre 2010 et 2020. Malgré les défis liés au conflit dans la région du Tigré ou aux pressions inflationnistes mondiales, le pays a su préserver ses secteurs clés comme l’agriculture – qui emploie 70 % de la population active – et l’industrie textile, devenue un pilier de ses exportations. Pour l’économiste éthiopien Getachew Alemayehu, * »le secret réside dans une planification à long terme, couplée à des réformes agraires audacieuses qui ont boosté la productivité »*.
Enfin, le Botswana, souvent cité en exemple pour sa gestion des ressources minières, a été récompensé pour sa stratégie de diversification économique. Grâce à un fonds souverain (le *Pula Fund*) alimenté par les revenus du diamant, le pays investit massivement dans l’éducation et les infrastructures, réduisant progressivement sa vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières. Une leçon de résilience pour des nations encore trop dépendantes de l’extraction minière.
Alors que l’Afrique affronte des défis majeurs – endettement élevé, changement climatique, instabilité géopolitique – les Prix du FBE-Afrique rappellent que des solutions existent. Ils montrent aussi que le continent n’est pas un bloc monolithique, mais un espace de diversité où chaque pays peut tracer sa propre voie vers la prospérité. À l’heure où l’Afrique représente la plus grande zone de libre-échange au monde (la ZLECAf), ces distinctions gagnent en importance : elles pourraient bien inspirer une nouvelle génération de politiques économiques panafricaines. Comme le rappelle la directrice exécutive du FBE-Afrique, * »célébrer l’excellence aujourd’hui, c’est préparer l’Afrique de demain. »*