Le Forum des Bâtisseurs de l’Économie Africaine (FBE) célèbre en cette année 2024 son 20e anniversaire, marquant deux décennies de reconnaissance des nations africaines les plus dynamiques sur le plan économique. Cet événement emblématique, devenu un rendez-vous incontournable pour les décideurs et investisseurs, met en lumière les performances exceptionnelles de plusieurs pays du continent. À travers des distinctions prestigieuses, le FBE vise à encourager les réformes structurelles, l’innovation et une croissance inclusive, tout en offrant une plateforme d’échange sur les défis et opportunités de l’Afrique contemporaine.
Parmi les pays les plus salués cette année, le Rwanda se distingue une fois de plus pour sa gouvernance exemplaire et sa transition économique remarquable. Le pays d’Afrique de l’Est, souvent cité comme un modèle de résilience post-conflit, a remporté le prix de la Meilleure Réforme Économique. Avec un taux de croissance annuel moyen de 7,2 % entre 2000 et 2023, selon la Banque africaine de développement (BAD), le Rwanda mise sur des secteurs clés comme les services financiers, les technologies de l’information et l’énergie verte. Son approche visionnaire, incarnée par des politiques proactives en matière de numérisation et de simplification administrative, a permis d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) records, dépassant les 2 milliards de dollars en 2023. Comme l’a souligné le ministre rwandais des Finances, Uzziel Ndagijimana, lors de la cérémonie : « Ces distinctions récompensent notre engagement en faveur d’une économie diversifiée et d’un développement humain durable. »
Le Maroc et la Côte d’Ivoire : Deux locomotives économiques en lice
Le Maroc s’est vu décerner le prix de l’Investissement le plus Attractif, reconnaissant ainsi son rôle central dans le commerce intra-africain et son leadership dans les énergies renouvelables. Grâce à des initiatives ambitieuses comme le Plan Maroc Vert et la stratégie « Maroc Numeric 2020 », le royaume a consolidé sa position de hub industriel et logistique en Afrique du Nord. En 2023, le secteur automobile marocain a exporté pour plus de 12 milliards de dollars, tandis que le pays ambitionne de produire 52 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030. « Cette récompense est le fruit d’une politique industrielle cohérente et d’un écosystème favorable aux entreprises », a déclaré Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce.
La Côte d’Ivoire, quant à elle, a été honorée pour sa performance dans le domaine de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire. Premier producteur mondial de cacao, le pays a diversifié ses exportations en misant sur la transformation locale, réduisant ainsi sa dépendance aux matières premières brutes. Avec une croissance moyenne de 7 % par an depuis 2012, la Côte d’Ivoire a réussi à attirer des investissements massifs dans l’agroalimentaire, notamment via des partenariats avec des groupes comme Nestlé et Cargill. Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a rappelé l’importance de cette distinction : « Cette reconnaissance encourage nos efforts pour faire de la Côte d’Ivoire le grenier de l’Afrique de l’Ouest, tout en garantissant la souveraineté alimentaire. »
L’Afrique subsaharienne en marche : Des succès à consolider
Si le Rwanda, le Maroc et la Côte d’Ivoire dominent les palmarès 2024, d’autres pays africains ont également été salués pour leurs avancées significatives. Le Botswana a été primé pour sa Gestion Macroéconomique Stable, tandis que le Sénégal a reçu le prix de l’Innovation en Santé Publique pour ses progrès dans la couverture sanitaire universelle. Ces distinctions reflètent une tendance plus large en Afrique subsaharienne, où des pays comme l’Éthiopie, le Ghana et la Tanzanie enregistrent des taux de croissance supérieurs à la moyenne continentale.
Cependant, les défis persistent. L’endettement public, les inégalités sociales et les effets du changement climatique menacent la pérennité de ces performances. Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), près de 60 % des pays africains restent vulnérables aux chocs externes, notamment en raison de leur dépendance aux exportations de matières premières. « Ces prix sont une motivation, mais ils ne doivent pas faire oublier l’urgence de réformes profondes pour une croissance inclusive », a averti l’économiste kényane Rose Ngugi.
À l’aube de son troisième decennium, le Forum des Bâtisseurs de l’Économie Africaine réaffirme son engagement à accompagner les pays africains dans leur quête d’une prospérité partagée. En mettant en avant des modèles de réussite, l’événement vise à inspirer des politiques publiques plus audacieuses et une coopération panafricaine renforcée. Comme l’a résumé le président du FBE, l’entrepreneur nigérian Tony Elumelu : « L’Afrique a les ressources, les talents et la résilience. Il ne lui manque plus que l’audace de croire en son potentiel et d’agir en conséquence. »