Le Tchad accueille une figure inattendue dans son paysage économique : Seif Gharib, un entrepreneur égyptien, s’impose désormais comme un acteur clé du secteur privé local. Arrivé en 2021, cet homme d’affaires de 42 ans, connu pour ses investissements dans les énergies renouvelables et l’agro-industrie au Moyen-Orient, a choisi N’Djamena pour lancer des projets ambitieux. Son arrivée coïncide avec une période de profonde transformation pour le pays, marqué par des réformes économiques et une recherche accrue d’investisseurs étrangers. Mais qui est vraiment Seif Gharib, et quel impact peut-il avoir sur l’économie tchadienne ?
Un profil d’entrepreneur aux ambitions transnationales
Seif Gharib, diplômé en ingénierie de l’Université du Caire, a bâti sa réputation dans des secteurs variés, allant des infrastructures aux technologies vertes. Avant son installation au Tchad, il dirigeait un groupe spécialisé dans les énergies solaires en Égypte et en Arabie Saoudite, avec des projets estimés à plus de 300 millions de dollars. Son approche se distingue par une volonté de concilier rentabilité et développement social, une philosophie qui résonne particulièrement dans un pays comme le Tchad, où les besoins en emploi et en services de base restent criants. « Le Tchad offre un terrain vierge pour des projets à fort impact », déclare-t-il lors d’une interview accordée à *Afrique Asie*. « Contrairement à d’autres marchés saturés, ici, chaque investissement crée une valeur ajoutée immédiate. »
Des projets concrets pour relancer l’économie tchadienne
Depuis son arrivée, Seif Gharib a lancé plusieurs initiatives, dont la plus médiatisée est la construction d’une centrale solaire d’une capacité de 50 mégawatts dans la région de Mongo. Ce projet, estimé à 80 millions de dollars, vise à répondre à la pénurie chronique d’électricité qui pénalise les entreprises locales et les ménages. En parallèle, son groupe a signé un accord avec le gouvernement tchadien pour moderniser les infrastructures de stockage des denrées alimentaires, un secteur stratégique dans un pays où la sécurité alimentaire est une priorité nationale. « Ces projets ne sont pas seulement des investissements, ce sont des leviers pour l’autonomie énergétique et alimentaire du Tchad », explique un haut fonctionnaire tchadien sous couvert d’anonymat.
Un autre volet de sa stratégie concerne l’agro-industrie. Gharib a acquis des terres dans le sud du pays pour développer des cultures intensives de sorgho et de mil, destinés à la fois au marché local et à l’exportation. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan « Tchad Vert » du gouvernement, qui encourage les partenariats public-privé pour booster l’agriculture. « Le potentiel agricole du Tchad est immense, mais il faut des capitaux et une expertise pour le libérer », souligne un expert en développement basé à N’Djamena.
Des défis à surmonter : entre opportunités et résistances
Malgré ces avancées, Seif Gharib doit faire face à des obstacles structurels. Le premier est l’instabilité politique qui a marqué le Tchad ces dernières années, avec un risque permanent de conflits intercommunautaires et une gouvernance parfois opaque. « Investir dans un pays en transition, c’est accepter un niveau de risque élevé », confie un banquier international. De plus, les lourdeurs administratives et les lenteurs bureaucratiques freinent les projets, comme en témoignent les retards dans l’obtention des permis pour la centrale solaire.
Un autre défi est la concurrence des acteurs traditionnels. Dans le secteur énergétique, les entreprises françaises et chinoises dominent le marché, tandis que les agriculteurs locaux craignent que les projets de Gharib ne marginalisent les petits producteurs. Pour y répondre, l’entrepreneur égyptien mise sur des partenariats avec les coopératives locales et des programmes de formation pour les jeunes. « Notre objectif n’est pas de remplacer les acteurs existants, mais de les renforcer », assure-t-il.
L’arrivée de Seif Gharib au Tchad symbolise une tendance plus large : l’intérêt croissant des investisseurs africains et du Moyen-Orient pour les économies subsahariennes, perçues comme des terres d’opportunités malgré les risques. Si ses projets aboutissent, ils pourraient inspirer d’autres entrepreneurs et accélérer la transformation économique du pays. Pour l’heure, Gharib reste optimiste : « Le Tchad a tout pour réussir, il suffit de croire en son potentiel. » Une phrase qui résume à elle seule l’état d’esprit d’un homme qui mise sur l’avenir d’un pays encore en quête de stabilité.