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Actualité africaine — 20/06/2026 14:59

Le Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sécurité alimentaire, tenu ce samedi 20 juin 2026 à Addis-Abeba, a marqué un tournant décisif dans la lutte contre l’insécurité alimentaire qui frappe durement le continent. Réunissant les chefs d’État et de gouvernement de 54 pays africains, ainsi que des partenaires internationaux, cette rencontre a abouti à la signature d’un plan d’action panafricain de 30 milliards de dollars, étalé sur cinq ans. Ce pacte historique vise à renforcer la résilience des systèmes alimentaires, à réduire les importations de denrées de base et à promouvoir l’innovation agricole.

Un consensus historique autour de la souveraineté alimentaire

L’un des points saillants du sommet réside dans l’adoption d’une déclaration commune réaffirmant l’engagement des États africains à atteindre la souveraineté alimentaire d’ici 2030. « Nous ne pouvons plus dépendre des marchés internationaux pour nourrir nos populations », a déclaré le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, lors de la clôture. Le plan prévoit notamment le déblocage de 15 milliards de dollars pour moderniser les infrastructures agricoles, incluant la construction de silos de stockage, de systèmes d’irrigation et de routes rurales.

Un autre volet crucial concerne le financement des petites exploitations familiales, qui représentent 80 % de la production agricole africaine. À cet effet, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé un fonds spécial de 5 milliards de dollars destiné à octroyer des microcrédits aux agriculteurs, avec un taux d’intérêt subventionné. « Ces mesures permettront de doubler la productivité des petites exploitations d’ici 2030 », a souligné Akinwumi Adesina, président de la BAD. Par ailleurs, les dirigeants ont convenu de renforcer la coopération régionale pour lutter contre les pertes post-récolte, estimées à 30 % de la production annuelle en Afrique subsaharienne.

Défis persistants et résistances nationales

Malgré l’enthousiasme général, plusieurs obstacles menacent la mise en œuvre rapide du plan. Le premier est d’ordre politique : certains pays, comme le Nigeria ou l’Éthiopie, ont déjà exprimé des réserves sur la répartition des fonds, craignant une dilution des ressources au profit de leurs voisins. « Nous devons veiller à ce que les mécanismes de gouvernance soient transparents et équitables », a tempéré la présidente de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe.

Le second défi est climatique : les experts de l’ONU estiment que les phénomènes météorologiques extrêmes, aggravés par le changement climatique, pourraient réduire de 20 % les rendements agricoles d’ici 2030. Pour y faire face, le sommet a acté la création d’un fonds climatique dédié de 2 milliards de dollars, alimenté par des contributions volontaires des États les plus riches du continent, comme l’Afrique du Sud ou le Maroc. « L’adaptation doit être une priorité absolue », a insisté le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, hôte d’un sommet parallèle sur les solutions locales.

Enfin, la question des subventions agricoles reste sensible. Plusieurs pays, comme le Kenya ou le Ghana, bénéficient déjà de programmes coûteux de soutien aux agriculteurs, mais ces mesures sont souvent critiquées pour leur inefficacité. Le plan panafricain propose donc de les réorienter vers des systèmes de protection sociale ciblés, comme des assurances récoltes, en partenariat avec le secteur privé.

Alors que les applaudissements résonnaient dans la salle de conférence, un sentiment partagé dominait parmi les observateurs : celui d’une opportunité à ne pas manquer. Si le succès du plan dépendra largement de sa mise en œuvre concrète et de la volonté politique des États, il offre néanmoins une lueur d’espoir pour les 278 millions d’Africains confrontés à la faim chronique, selon les dernières données de la FAO. Pour l’Afrique, comme l’a résumé un participant anonyme, « ce sommet n’est pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle ère ».

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