Environnement International Politique

Actualité africaine — 16/06/2026 22:59

Afrique : L’Union africaine adopte un plan historique pour accélérer la transition énergétique d’ici 2035

Le 16 juin 2026, lors de son 41ᵉ sommet ordinaire à Addis-Abeba, l’Union africaine (UA) a franchit une étape majeure en adoptant un plan ambitieux visant à accélérer la transition énergétique du continent. Ce projet, intitulé « Africa Green Deal », s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la COP30 et vise à réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, tout en garantissant un accès universel à une énergie propre pour 100 % de la population africaine. Ce plan, salué par les observateurs internationaux, marque un tournant dans la stratégie énergétique africaine, longtemps freinée par des dépendances aux énergies fossiles et un manque d’investissements ciblés.

Un plan structuré autour de trois piliers stratégiques

Le « Africa Green Deal » repose sur trois axes principaux, conçus pour répondre aux défis spécifiques du continent. Le premier pilier concerne le développement massif des énergies renouvelables, avec un objectif de 80 % d’électricité produite à partir de sources solaires, éoliennes et hydroélectriques d’ici 2035. Pour y parvenir, l’UA prévoit de mobiliser 500 milliards de dollars d’ici 2030, via des partenariats public-privé et des fonds dédiés. Le Maroc, déjà leader en énergie solaire avec sa centrale Noor, et l’Éthiopie, grâce à son potentiel hydroélectrique, sont cités en exemple.

Le deuxième pilier vise à moderniser les infrastructures énergétiques, souvent vétustes et sous-dimensionnées. Un fonds de 150 milliards de dollars sera consacré à la rénovation des réseaux électriques et à l’électrification rurale, un enjeu crucial pour les 600 millions d’Africains encore privés d’accès à l’électricité. Le Nigeria et la RDC, riches en ressources naturelles, sont encouragés à jouer un rôle central dans cette transition. Enfin, le troisième axe porte sur l’innovation technologique, avec la création de centres de recherche dédiés aux énergies vertes, notamment en Afrique de l’Est et du Sud.

Des défis majeurs à relever

Malgré l’enthousiasme suscité par ce plan, plusieurs obstacles risquent de compromettre sa mise en œuvre. Le premier concerne le financement : bien que les 500 milliards de dollars promis soient colossaux, leur mobilisation dépendra largement de la volonté des pays donateurs et des institutions financières internationales. Les dettes souveraines de certains États, comme le Ghana ou le Kenya, pourraient également freiner les investissements. Par ailleurs, la stabilité politique dans des régions instables, telles que le Sahel ou la Corne de l’Afrique, représente un risque pour la sécurité des projets énergétiques.

Un autre défi réside dans la coordination entre les 55 États membres de l’UA. Historiquement, les divisions politiques et économiques ont souvent entravé les initiatives continentales. Pour contourner ce problème, le plan prévoit la création d’une « Agence africaine de l’énergie verte », dotée de pouvoirs exécutifs pour superviser les projets et harmoniser les politiques. Cependant, son efficacité dépendra de la bonne volonté des gouvernements nationaux, certains privilégiant encore les énergies fossiles pour des raisons économiques immédiates.

Enfin, la question de la justice climatique reste centrale. Les pays africains, bien que contributeurs marginaux aux émissions mondiales (3 % des émissions globales), subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Le plan de l’UA insiste sur la nécessité d’un soutien financier accru des pays industrialisés, conformément aux engagements pris lors de l’Accord de Paris. À cet égard, la France et l’Allemagne ont déjà annoncé des contributions supplémentaires, mais leur ampleur reste à préciser.

Conclusion : Une opportunité historique pour l’Afrique

L’adoption du « Africa Green Deal » par l’Union africaine représente une avancée significative dans la lutte contre le changement climatique et la pauvreté énergétique sur le continent. Si les défis sont nombreux, ce plan offre une vision claire et des moyens concrets pour transformer l’Afrique en un acteur majeur de la transition verte mondiale. Son succès dépendra toutefois de la capacité des États africains à surmonter leurs divergences, à attirer les investissements nécessaires et à garantir une gouvernance transparente. Dans un contexte où l’Afrique est de plus en plus courtisée par les grandes puissances pour ses ressources stratégiques, ce projet pourrait aussi redéfinir les rapports de force géopolitiques sur le continent.

À lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *