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Actualité africaine — 12/06/2026 06:59

Le 12 juin 2026 marque un tournant dans les relations économiques entre l’Afrique et la Chine, avec le lancement officiel de la troisième phase du Fonds sino-africain d’investissement (FSAC), un mécanisme financier d’un montant record de 40 milliards de dollars. Ce projet, annoncé lors du Forum de coopération sino-africaine (FOCAC) tenu à Pékin en septembre 2025, vise à accélérer le développement des infrastructures, des énergies vertes et des technologies numériques sur le continent. Selon des sources diplomatiques, cette initiative s’inscrit dans la continuité des deux premières phases (2006-2015 et 2016-2025), mais avec une approche plus ciblée sur la souveraineté industrielle des pays africains.

Un partenariat économique revisité : entre opportunités et défis

Contrairement aux précédentes éditions, la troisième phase du FSAC se distingue par sa volonté de réduire la dépendance africaine aux matières premières. En effet, 60 % des fonds seront alloués à des projets de transformation locale, notamment dans les secteurs miniers, agricoles et manufacturiers. Le Nigeria, l’Éthiopie et la RDC figurent parmi les principaux bénéficiaires, avec des investissements prévus dans les chaînes de valeur du cobalt, du lithium et du cacao. « Ce fonds marque une évolution dans notre collaboration avec la Chine », a déclaré le commissaire à l’Économie de l’Union africaine, Albert Muchanga, lors d’une conférence de presse à Addis-Abeba. « Nous ne voulons plus être de simples fournisseurs de ressources, mais des acteurs clés dans la production industrielle. »

Cependant, cette nouvelle dynamique soulève des questions quant à la durabilité de la dette africaine. Malgré les promesses de prêts concessionnels, plusieurs observateurs, comme l’économiste sud-africain Mzukisi Qobo, mettent en garde contre un « endettement structurel ». « La Chine reste un partenaire incontournable, mais les termes des nouveaux accords doivent être plus transparents pour éviter les pièges de la dette », a-t-il souligné dans une tribune publiée par *The Africa Report*. Les données de la Banque africaine de développement (BAD) indiquent que la dette africaine envers Pékin a augmenté de 32 % entre 2020 et 2025, dépassant désormais les 120 milliards de dollars. Les experts plaident pour un meilleur équilibre entre investissements et assistance technique.

Des projets phares au cœur de la transition verte

Parmi les initiatives les plus ambitieuses financées par le FSAC figure la construction de la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Est, dans la région de Turkana au Kenya. D’une capacité de 500 MW, ce projet, développé par la China General Nuclear Power Group (CGN), devrait être opérationnel d’ici 2028 et alimenter près de 2 millions de foyers. Parallèlement, en Afrique du Sud, un partenariat avec Huawei permettra le déploiement d’un réseau 6G d’ici 2027, positionnant le pays comme un hub technologique régional.

Ces avancées contrastent avec les critiques récurrentes sur l’impact environnemental des projets chinois en Afrique. Greenpeace Afrique a récemment publié un rapport dénonçant la pollution liée à certaines mines de cuivre en Zambie, financées par des prêts chinois. « La transition énergétique ne doit pas se faire au détriment des écosystèmes locaux », a réagi la chercheuse zambienne Memory Mwale. En réponse, Pékin a annoncé un fonds dédié à la restauration des sols contaminés, doté de 500 millions de dollars, mais les ONG restent sceptiques sur son efficacité réelle.

Le 12 juin 2026 restera donc une date symbolique, mais aussi un test pour l’autonomie économique africaine. Alors que le continent cherche à diversifier ses partenariats – notamment avec l’Europe, les États-Unis et l’Inde –, le FSAC pourrait bien devenir un modèle ou un avertissement. Une chose est sûre : l’avenir des relations sino-africaines se jouera autant sur les chiffres que sur la transparence et la durabilité.

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