Afrique Économie International

Le 20e anniversaire des Africa Economy Builders Forum Awards honore les pays aux politiques économiques efficaces…

Il y a tout juste un quart de siècle, le continent africain traversait une période de profondes mutations économiques, marquée par des défis structurels et des opportunités à peine entrevues. En 2024, l’Africa Economy Builders Forum Awards (AEBFA) célèbre son 20e anniversaire en mettant en lumière les nations africaines dont les politiques économiques ont permis une croissance inclusive, une résilience accrue face aux chocs externes et une intégration progressive dans l’économie mondiale. Ce rendez-vous annuel, devenu une référence incontournable pour les acteurs du développement, a récompensé cette année encore des pays dont les réformes audacieuses ont porté leurs fruits, tout en soulignant les défis persistants à relever.

Des réformes structurelles récompensées

Parmi les lauréats 2024, le Bénin s’est distingué pour sa gestion macroéconomique rigoureuse et sa politique industrielle volontariste. Le pays ouest-africain, dirigé par Patrice Talon depuis 2016, a mis en place des réformes visant à diversifier une économie longtemps dépendante du coton, en misant sur des secteurs porteurs comme le numérique, l’agro-industrie et les énergies renouvelables. Avec une croissance annuelle moyenne de 6 % depuis 2020 et une réduction significative de la pauvreté, le Bénin illustre comment des politiques ciblées peuvent transformer les structures économiques locales.

Autre récipiendaire, la Côte d’Ivoire a été honorée pour sa trajectoire de croissance parmi les plus dynamiques du continent. Grâce à des investissements massifs dans les infrastructures, une stabilité politique relative et une politique agricole ambitieuse (notamment dans le cacao et l’anacarde), le pays a enregistré un taux de croissance de près de 7 % en 2023. Les experts soulignent que cette performance repose sur une approche holistique, combinant attractivité des investissements, formation professionnelle et intégration régionale via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

L’intégration régionale et l’innovation au cœur des stratégies gagnantes

Le Rwanda, déjà primé à plusieurs reprises par l’AEBFA, a une fois de plus été salué pour son modèle de développement « intelligent », mêlant innovation digitale, gouvernance transparente et politiques pro-entreprises. Avec un classement parmi les dix premiers pays africains dans le rapport *Doing Business* de la Banque mondiale, Kigali mise sur des secteurs comme la tech, les services financiers et le tourisme haut de gamme pour se positionner comme un hub économique régional. Son approche, souvent citée en exemple, montre comment des pays de taille modeste peuvent devenir des locomotives si les réformes sont menées de manière cohérente et inclusive.

Le Maroc, quant à lui, a été récompensé pour sa stratégie d’intégration continentale, illustrée par son engagement dans la ZLECAf et ses partenariats économiques avec les pays subsahariens. Le royaume chérifien, qui a diversifié ses partenariats au-delà de l’Europe, mise sur des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes pour renforcer son rôle de plateforme industrielle en Afrique. Les observateurs notent que cette approche a permis de réduire la dépendance aux marchés européens et d’accroître la résilience économique du pays face aux crises géopolitiques.

Ces succès, bien que notables, s’accompagnent de défis majeurs. La dette publique, l’inflation persistante dans certains pays et les inégalités sociales rappellent que la croissance doit être inclusive pour être durable. Les lauréats de l’AEBFA 2024, comme le Rwanda ou la Côte d’Ivoire, ont su combiner performance économique et réduction de la pauvreté, mais d’autres nations peinent encore à traduire leur croissance en amélioration des conditions de vie pour l’ensemble de leur population.

À l’aube de son troisième décennie, l’AEBFA confirme son rôle de catalyseur pour une Afrique résiliente et prospère. Les modèles récompensés cette année montrent que le continent dispose des leviers nécessaires pour transformer ses potentialités en réalité, à condition de poursuivre les réformes, d’investir dans l’éducation et de renforcer la coopération intra-africaine. Alors que l’Afrique représente désormais 18 % de la population mondiale, son avenir économique dépendra de sa capacité à capitaliser sur ces avancées tout en corrigeant les déséquilibres persistants. Le prochain quart de siècle s’annonce décisif.

À lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *