Alors que le continent africain continue d’écrire son histoire économique et géopolitique, le 28 mai 2026 a marqué une journée charnière pour plusieurs pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Entre avancées diplomatiques, défis sécuritaires persistants et mutations des alliances traditionnelles, l’actualité africaine de cette fin de mois de mai s’annonce riche en rebondissements. À l’heure où les tensions commerciales entre l’Afrique et l’Europe s’exacerbent, les dirigeants du continent cherchent à diversifier leurs partenariats, tandis que les crises internes, comme au Soudan ou en RDC, rappellent l’urgence d’une stabilité durable.
Un sommet historique entre l’Algérie et le Nigeria : vers une alliance gazière et sécuritaire
Le 28 mai 2026 restera comme une date clé dans les relations entre l’Algérie et le Nigeria, deux géants énergétiques du continent. À l’occasion d’une rencontre à Alger, les présidents Abdelmadjid Tebboune et Bola Tinubu ont scellé un accord historique visant à renforcer la coopération gazière et sécuritaire entre les deux pays. Cet accord, qualifié de « tournant » par les observateurs, prévoit la construction d’un gazoduc transsaharien de 4 128 km, qui reliera le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Ce projet, estimé à plus de 13 milliards de dollars, devrait permettre à l’Europe de réduire sa dépendance au gaz russe, tout en offrant aux pays africains une nouvelle source de revenus.
Au-delà de l’aspect économique, ce sommet a aussi abordé la question sécuritaire, notamment la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer leur collaboration avec les forces locales et internationales pour endiguer la propagation des groupes armés, notamment dans les zones frontalières du Mali et du Burkina Faso. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par l’Algérie pour stabiliser la région, après des années de crises politiques et de coups d’État.
Crise au Soudan : l’ONU alerte sur une escalade de la violence malgré les appels au cessez-le-feu
Pendant ce temps, la situation au Soudan continue de se dégrader, malgré les multiples appels au cessez-le-feu lancés par les organisations internationales. Selon un rapport de l’ONU publié le 28 mai 2026, les combats entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) ont fait plus de 12 000 morts depuis le début du conflit en avril 2023. Les affrontements se concentrent désormais dans la région du Darfour, où les RSF multiplient les exactions contre les populations civiles, notamment les minorités ethniques.
Face à cette crise humanitaire sans précédent, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a appelé à une intervention urgente de l’Union africaine (UA) pour mettre fin aux violences. Cependant, les divisions au sein de l’UA, entre pays soutenant le gouvernement de transition et ceux qui prônent une solution négociée avec les RSF, compliquent toute action concertée. Dans ce contexte, la France et l’Allemagne ont annoncé un plan d’aide humanitaire de 500 millions d’euros, tandis que les États-Unis ont menacé de sanctions supplémentaires contre les responsables des exactions.
RDC : le M23 intensifie ses attaques malgré les négociations de paix
En République démocratique du Congo (RDC), la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, a intensifié ses offensives dans la province du Nord-Kivu au cours des dernières semaines. Malgré les négociations de paix en cours sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le groupe armé a pris le contrôle de plusieurs localités stratégiques, provoquant le déplacement de plus de 500 000 personnes. Le 28 mai 2026, le président congolais Félix Tshisekedi a dénoncé une « agression directe » de la part du Rwanda, appelant à une intervention militaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).
Cette escalade intervient alors que la RDC, riche en minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan, devient un enjeu majeur dans la rivalité entre les puissances occidentales et la Chine. Pékin, qui a déjà investi plus de 6 milliards de dollars dans les infrastructures congolaises, a appelé à une solution pacifique, tandis que l’Union européenne a menacé de suspendre ses accords commerciaux avec le Rwanda. Dans ce contexte, la situation en RDC illustre les défis auxquels l’Afrique est confrontée : entre ingérences étrangères, exploitation des ressources et instabilité politique.
Le 28 mai 2026 a donc confirmé que l’Afrique reste un continent en mouvement, où les opportunités économiques côtoient des crises profondes. Alors que les dirigeants africains tentent de renforcer leur souveraineté face aux puissances étrangères, les défis sécuritaires et humanitaires nécessitent une réponse coordonnée et rapide. Dans les semaines à venir, les décisions prises par l’Union africaine, l’ONU et les organisations régionales seront déterminantes pour l’avenir du continent. Une chose est sûre : l’Afrique ne peut plus se permettre d’être un acteur passif sur la scène internationale.