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Le 20e anniversaire des Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie Africaine honore les pays aux politiques efficaces…

Le 20e anniversaire des Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie Africaine (FABE) s’est tenu ce mois-ci à Johannesburg, en Afrique du Sud, marquant deux décennies de reconnaissance des pays africains dont les politiques économiques ont permis une croissance durable, une innovation institutionnelle et une réduction des inégalités. Organisé par le groupe *Jeune Afrique* en partenariat avec plusieurs institutions panafricaines, cet événement annuel a récompensé cette année des nations dont les réformes audacieuses ont transformé leur paysage économique, tout en soulignant les défis persistants du continent.

Parmi les lauréats de cette édition, le Rwanda a été salué pour sa gestion macroéconomique exemplaire et ses politiques de gouvernance transparente, qui ont fait de Kigali un hub régional pour les investissements étrangers. Le pays a remporté le prix dans la catégorie « Meilleure politique de stabilité économique », grâce à des réformes fiscales ciblées et une réduction drastique de la corruption, selon les critères du jury. Le ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, Uzziel Ndagijimana, a souligné lors de la cérémonie que « ces distinctions sont le fruit d’une vision à long terme, combinant rigueur budgétaire et inclusion sociale ». Le Rwanda, souvent cité comme un modèle africain, a affiché une croissance moyenne de 7,5 % par an depuis 2000, bien au-dessus de la moyenne continentale.

Le Maroc et le Sénégal récompensés pour leur diversification économique

Le Maroc a été distingué dans la catégorie « Innovation et diversification productive » pour ses avancées dans les énergies renouvelables et son secteur industriel en plein essor. Le royaume chérifien, déjà leader continental dans la production d’énergie solaire, a mis en place des politiques incitatives pour attirer les industries automobiles et aéronautiques, créant plus de 200 000 emplois directs depuis 2010. « Ces prix valident notre stratégie de résilience économique face aux chocs externes », a déclaré le Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, lors de son discours.

De son côté, le Sénégal a reçu le prix « Croissance inclusive et transformation structurelle » pour ses réformes agraires et son Plan Sénégal Émergent (PSE), lancé en 2014. Le pays, qui mise sur l’agro-industrie et les infrastructures, a vu son PIB croître de 5,6 % en moyenne annuelle entre 2015 et 2023, avec une baisse significative de la pauvreté rurale. Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, fraîchement élu en mars 2024, a réaffirmé son engagement à poursuivre ces politiques, malgré les pressions inflationnistes actuelles. « L’Afrique doit écrire sa propre histoire économique, sans dépendre des modèles imposés de l’extérieur », a-t-il déclaré.

La cérémonie a également honoré des initiatives panafricaines, comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l’adoption progressive a été saluée pour son potentiel à booster les échanges intra-africains, actuellement à seulement 15 % du commerce total du continent. Le commissaire à l’Économie de l’Union africaine, Alhaji Mariam Katun, a rappelé que « ces prix ne sont pas des trophées, mais des leviers pour inspirer d’autres États à accélérer leurs réformes ».

Si les lauréats de cette année illustrent des succès indéniables, les organisateurs du FABE ont également pointé du doigt les lacunes persistantes. L’Afrique subsaharienne reste la région la moins industrialisée au monde, avec un taux de chômage des jeunes dépassant 30 % dans de nombreux pays. « La croissance ne suffit pas si elle ne crée pas d’emplois décents », a rappelé l’économiste béninoise Komi Koutché, membre du jury. Par ailleurs, les crises climatiques et les dettes souveraines élevées menacent la viabilité de ces politiques à long terme.

Alors que l’Afrique célèbre deux décennies de progrès économiques, les Prix du Forum des Bâtisseurs de l’Économie Africaine rappellent que le chemin vers une prospérité partagée reste semé d’embûches. Les modèles récompensés cette année – rigueur budgétaire, diversification productive et inclusion sociale – offrent des pistes, mais leur généralisation dépendra de la capacité des États à surmonter les défis structurels et à mobiliser davantage d’investissements privés. Comme l’a résumé un participant à l’événement : « L’Afrique a les ressources et les talents ; il lui faut maintenant une volonté politique sans faille pour transformer ces atouts en réalité durable. »

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