Le président tchadien Idriss Déby Itno a effectué une visite officielle de deux jours en Algérie, marquée par un déplacement symbolique à la Grande Mosquée d’Alger, chef-d’œuvre architectural et spiritualité musulmane. Cette étape, largement relayée par les médias algériens, s’inscrit dans le cadre des efforts de renforcement des liens diplomatiques et religieux entre les deux pays du Maghreb et du Sahel. L’accueil réservé au chef d’État tchadien, accueilli par des responsables religieux et politiques algériens, a mis en lumière les convergences entre les deux nations, notamment en matière de coopération culturelle et spirituelle.
Un symbole de dialogue interreligieux et de coopération africaine
La visite du président Déby à la Grande Mosquée d’Alger, construite en 2019 et située dans le quartier de Mohammedia, n’est pas anodine. Ce lieu emblématique, considéré comme la troisième plus grande mosquée du monde, incarne à la fois l’identité islamique algérienne et l’ouverture du pays à la diplomatie religieuse. Accompagné du ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, ainsi que de plusieurs dignitaires, le président tchadien a pu découvrir les installations modernes de la mosquée, dont la bibliothèque islamique et les espaces dédiés à l’enseignement coranique.
Selon des sources proches du dossier, cette visite vise à consolider les échanges entre les deux pays en matière de formation des imams et de gestion des lieux de culte. L’Algérie, qui abrite l’une des plus grandes universités islamiques du continent africain (l’Université islamique d’Alger), joue un rôle central dans la diffusion d’un islam modéré et africain. Pour le Tchad, où l’islam représente plus de 50 % de la population, cette collaboration est stratégique, notamment dans un contexte de lutte contre l’extrémisme religieux.
Des enjeux sécuritaires et économiques sous-jacents
Au-delà des aspects religieux, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération sécuritaire et économique entre l’Algérie et le Tchad. Les deux pays, membres du G5 Sahel, partagent des défis communs liés à la menace terroriste dans la région du Sahel. L’Algérie, qui dispose d’une expérience en matière de lutte contre les groupes armés, pourrait apporter un soutien accru au Tchad, confronté à des attaques récurrentes de Boko Haram et d’autres factions jihadistes.
Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre les deux pays restent modestes mais en croissance. L’Algérie, riche en hydrocarbures, pourrait renforcer ses exportations vers le Tchad, tandis que ce dernier, avec ses ressources agricoles et minières, offre des opportunités pour les entreprises algériennes. Lors des entretiens entre les délégations, des discussions sur la réalisation de projets d’infrastructures, notamment dans les domaines des transports et de l’énergie, ont été évoquées.
Cette visite du président tchadien à Alger confirme ainsi la volonté des deux pays de renforcer leurs liens, à la fois sur le plan spirituel, sécuritaire et économique. La Grande Mosquée d’Alger, en tant que symbole de l’islam modéré, a servi de cadre à cette démonstration de solidarité africaine, dans un contexte où les défis régionaux appellent à une coopération renforcée.