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Actualité africaine — 18/05/2026 17:00

Afrique subsaharienne : la transition énergétique en marche, mais à quel rythme ?
18 mai 2026 – 17h00

Alors que le continent africain représente seulement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il paie pourtant le plus lourd tribut au réchauffement climatique. Sécheresses prolongées en Afrique de l’Est, inondations dévastatrices en Afrique australe ou encore désertification accélérée au Sahel : les signes d’une crise environnementale s’aggravent. Pourtant, sur le terrain, les initiatives pour une transition énergétique vers des sources renouvelables se multiplient. Entre engagements politiques ambitieux et réalités économiques contraignantes, l’Afrique avance-t-elle à la bonne vitesse pour éviter le pire ?

Des ambitions vertes, mais des défis colossaux

Lors du Sommet africain sur le climat, tenu en mars 2026 à Nairobi, les dirigeants du continent ont réaffirmé leur volonté de porter à 50 % la part des énergies renouvelables dans leur mix énergétique d’ici 2035. Une promesse saluée par les observateurs, mais qui reste difficile à concrétiser. Selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), seulement 3 % de l’électricité produite en Afrique subsaharienne provient aujourd’hui du solaire, de l’éolien ou de la géothermie.

Les obstacles sont nombreux : manque d’investissements, infrastructures vieillissantes et dépendance aux énergies fossiles, notamment au gaz naturel, considéré comme une « énergie de transition » par certains pays. En Afrique du Sud, par exemple, le charbon représente encore 70 % de la production électrique, malgré les engagements du gouvernement pour fermer les centrales d’ici 2030. Au Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, les subventions aux carburants fossiles continuent de peser sur les budgets publics, limitant les fonds alloués aux énergies propres.

Des projets phares qui pourraient changer la donne

Malgré ces défis, plusieurs initiatives pourraient marquer un tournant. En Éthiopie, le parc éolien d’Assela, d’une capacité de 300 MW, est entré en service en 2026, devenant le plus grand d’Afrique de l’Est. Ce projet, financé par la Chine et l’Union européenne, illustre l’intérêt croissant des partenaires internationaux pour les énergies renouvelables africaines.

Autre avancée majeure : la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui pourrait faciliter les échanges d’énergies vertes entre pays. Le Maroc, leader en énergie solaire avec le complexe Noor Ouarzazate, exporte désormais une partie de son électricité vers l’Europe via l’Espagne. Une première qui pourrait inspirer d’autres nations.

Enfin, des solutions innovantes émergent au niveau local. Au Kenya, des communautés rurales exploitent désormais des mini-réseaux solaires pour l’électrification, tandis qu’au Sénégal, des projets de biocarburants à base de jatropha sont en cours pour réduire la dépendance au pétrole importé.

Conclusion : un équilibre fragile entre urgence climatique et souveraineté énergétique
L’Afrique se trouve à un carrefour : celui d’une transition nécessaire, mais semée d’embûches. Si les discours sur la décarbonation se multiplient, leur traduction en actions concrètes reste inégale selon les régions. Les pays les plus endettés, comme le Ghana ou le Kenya, peinent à mobiliser les fonds nécessaires, tandis que les États pétroliers, comme l’Angola ou le Gabon, hésitent à tourner le dos à leurs ressources fossiles.

Pourtant, une chose est sûre : sans une accélération massive des investissements dans les renouvelables, l’Afrique continuera de subir de plein fouet les effets du changement climatique, alors qu’elle en est la moins responsable. Le temps presse, et les choix faits dans les cinq prochaines années détermineront si le continent pourra concilier développement économique et préservation de son environnement.

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