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Actualité africaine — 15/05/2026 22:59

L’Afrique subsaharienne franchit un cap historique dans sa transition numérique avec le lancement officiel, ce vendredi 15 mai 2026, du premier câble sous-marin à fibre optique continental baptisé *AfriLink-X*, reliant 16 pays de l’Est et du Centre du continent. Inauguré en grande pompe à Mombasa, au Kenya, par les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) en partenariat avec des consortiums privés internationaux, ce projet ambitieux vise à réduire la fracture numérique et à doper l’économie africaine en améliorant l’accès à internet haut débit, estimé à moins de 20 % dans certaines régions. Avec un investissement de plus de 2,3 milliards de dollars, *AfriLink-X* promet de doubler la capacité de transmission de données en Afrique d’ici 2028, tout en créant plus de 50 000 emplois directs et indirects.

Une infrastructure stratégique pour l’intégration régionale

Long de 12 000 kilomètres, le câble *AfriLink-X* serpente le long des côtes de l’océan Indien et de l’Atlantique, reliant des hubs majeurs comme Dar es Salaam, Kampala, Kinshasa, Luanda et Maputo. Selon les experts, cette dorsale numérique réduira de 40 % les coûts d’accès à l’internet pour les populations, actuellement parmi les plus élevés au monde. « Ce n’est pas seulement un câble, c’est une autoroute pour le commerce, l’éducation et les soins de santé à l’ère du numérique », a déclaré la présidente kényane, Uhuru Kenyatta, lors de la cérémonie d’inauguration. Le projet s’inscrit dans le cadre du *Plan directeur numérique de l’Afrique 2030*, adopté en 2022, qui vise à connecter 95 % de la population d’ici 2030.

Les retombées économiques attendues sont colossales. Une étude de la Banque africaine de développement (BAD) estime que chaque gigabit supplémentaire de capacité internet génère entre 200 et 500 dollars de croissance annuelle par habitant dans les pays concernés. Pour la RDC, par exemple, où seulement 12 % de la population a accès à internet, *AfriLink-X* pourrait booster le secteur minier en facilitant la traçabilité des minerais via blockchain, tout en améliorant les services bancaires mobiles, déjà utilisés par 70 % des Congolais. « Ce câble est une révolution pour notre industrie », confirme Pascaline Mubiala, PDG de *TechKongo*, une start-up spécialisée dans les solutions digitales.

Défis et opportunités : entre promesses et risques

Malgré son potentiel, le projet *AfriLink-X* n’est pas exempt de défis. Les cybermenaces, déjà en hausse sur le continent, pourraient s’intensifier avec l’augmentation des flux de données. « L’Afrique doit renforcer ses capacités en cybersécurité avant que les infrastructures ne deviennent des cibles », alerte le général rwandais Joseph Nzabamwita, coordinateur du *Centre de cybersécurité de l’EAC*. Par ailleurs, certains observateurs pointent du doigt les inégalités d’accès : les zones rurales, où vit 60 % de la population africaine, risquent d’être marginalisées si les gouvernements ne mettent pas en place des politiques inclusives.

Autre enjeu : la dépendance technologique. *AfriLink-X* a été développé avec l’appui de partenaires comme *Huawei Technologies* et *Alcatel-Lucent*, suscitant des débats sur la souveraineté numérique. « L’Afrique ne peut pas se permettre de dépendre entièrement de fournisseurs étrangers », souligne le professeur togolais Komlan Akpédjé, spécialiste des technologies. Pour y répondre, plusieurs pays, dont le Kenya et l’Angola, lancent des programmes de formation en ingénierie des télécommunications et en maintenance de câbles sous-marins. À Luanda, un centre de R&D dédié aux technologies sous-marines vient d’être inauguré, avec un budget de 50 millions de dollars.

Enfin, le modèle économique du projet interroge. Les coûts de connexion, bien que réduits, restent inaccessibles pour une grande partie de la population. Les opérateurs locaux, comme *SafariCom* au Kenya ou *MTN* en Ouganda, ont promis des tarifs préférentiels, mais la question de l’accessibilité financière persiste. « Le vrai défi n’est pas technique, mais social », résume Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale de l’ONU, lors d’un forum à Nairobi.

Avec *AfriLink-X*, l’Afrique écrit une nouvelle page de son histoire numérique. Si les promesses se concrétisent, le continent pourrait non seulement combler son retard, mais aussi devenir un acteur clé de l’économie mondiale du savoir. Cependant, la réussite du projet dépendra de la capacité des États à coopérer, à investir dans l’éducation et à protéger leurs infrastructures. Une chose est sûre : l’Afrique de 2026 n’est plus celle de 2016. Le continent a choisi de prendre le train de la révolution digitale à pleine vitesse – reste à savoir si tous ses passagers pourront monter à bord.

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