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Exécution des directives du président Tebboune… Une délégation algérienne à N’Djamena pour discuter du projet de route transsaharienne au Tchad – El Watan Online

Exécution des directives du président Tebboune...
Photo : Thiébaud Faix sur Unsplash

Une délégation officielle algérienne s’est rendue à N’Djamena ces derniers jours pour des discussions d’envergure avec les autorités tchadiennes. L’objectif principal de cette visite était de relancer le projet de construction de la route transsaharienne, un axe routier stratégique reliant l’Algérie au Tchad et à d’autres pays d’Afrique subsaharienne. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de l’intégration économique régionale une priorité de sa politique étrangère. Les échanges, marqués par une volonté commune de concrétiser ce projet, témoignent des avancées diplomatiques et économiques entre les deux pays voisins.

Un projet ambitieux aux enjeux multiples

La route transsaharienne, souvent présentée comme un « chemin de la soie africain », est un projet pharaonique estimé à plusieurs milliards de dollars. Traversant le Sahara algérien et tchadien sur plus de 5 000 kilomètres, cette infrastructure vise à faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts logistiques et renforcer les liens économiques entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Pour l’Algérie, qui ambitionne de devenir un hub énergétique et logistique incontournable sur le continent, ce corridor routier représente une opportunité majeure pour exporter ses hydrocarbures, ses produits agricoles et ses biens manufacturés vers des marchés en pleine expansion.

Côté tchadien, les bénéfices sont également significatifs. Le pays, enclavé et dépendant des routes pour son commerce, pourrait voir ses exportations de coton, d’uranium et de bétail décupler grâce à une meilleure connectivité. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a d’ailleurs salué cette initiative lors d’une réunion avec la délégation algérienne, soulignant que « l’intégration africaine passe nécessairement par des infrastructures durables et interconnectées ». Cependant, des défis persistent, notamment en termes de financement, de sécurité dans les zones désertiques et de coordination entre les différents acteurs impliqués.

Des discussions centrées sur la coopération bilatérale et régionale

Les pourparlers entre les deux délégations ont porté sur plusieurs aspects clés pour la réalisation du projet. D’abord, la question du financement, où l’Algérie, via des fonds publics et des partenariats publics-privés, pourrait jouer un rôle central. Des discussions ont également eu lieu sur les modalités de construction des tronçons manquants, notamment dans le sud de l’Algérie et le nord du Tchad, des zones souvent balayées par des vents de sable et soumises à des conditions climatiques extrêmes. La sécurité des travailleurs et des usagers de la route a également été évoquée, dans un contexte où des groupes armés opèrent encore dans certaines régions du Sahel.

Un autre point crucial abordé concerne la connectivité avec les autres pays de la région. La route transsaharienne doit en effet s’insérer dans un réseau plus large, incluant le Niger, le Mali et le Burkina Faso, pour maximiser son impact économique. Une coordination renforcée avec ces États sera indispensable pour éviter les goulots d’étranglement logistiques. Par ailleurs, les deux parties ont souligné l’importance de la coopération technique, notamment avec des entreprises algériennes spécialisées dans les travaux publics, qui pourraient apporter leur expertise en matière de construction de routes en milieu désertique.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des relations bilatérales entre l’Algérie et le Tchad. Les deux pays entretiennent des liens historiques et culturels forts, et leur collaboration s’étend à d’autres domaines, comme la sécurité, l’énergie et l’éducation. Le projet de route transsaharienne, s’il aboutit, pourrait devenir un symbole de cette coopération renouvelée et un modèle pour d’autres initiatives panafricaines. Alors que les discussions se poursuivent, les observateurs restent attentifs aux prochaines étapes : signature d’accords, lancement des appels d’offres et début des travaux. Une chose est sûre : l’Afrique a besoin de ces grands projets pour concrétiser sa vision d’une intégration économique autonome et durable.

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